Nombre d'entre vous se sont sans doute déjà posé la question portant sur cette addiction incomensurable qui nous attache à ce site communautaire qu'est Facebook. La raison se résume-t-elle au
fait qu'on y retrouve ses connaissances ? Je ne le pense pas puisqu'on s'attache plus à se dévoiler à travers l'actualisation des statuts tout en nous amusant à lire ceux des autres, et a
fortiori à les commenter. Quel est le vrai plaisir procuré par ce vaste tissu communautaire lié par ce fameux "Ajouter comme ami(e)". Moi-même, humble arriéré mental incapable de comprendre la
raison de ma présence sur ce site, suis littéralement happé par cette incroyable machine marketing créé par un étudiant de Harvard répondant au nom de Mark Zuckerberg.
Actuellement, les possibilités offertes par Facebook sont innombrables. On peut y publier et partager ses photos (qui fut d'ailleurs l'une des premières fonctionnalités activées), établir un
profil complet (où l'on peut allègrement mentir) et effectuer des quizz et des tests (dont la grande majorité est d'une débilité aberrante). Le site évolue et mue sans cesse, et je me pose la
question quant à la date où l'accès au site sera payant. Il y aura certainement quelques suicides, notamment dans les pays comme Madagascar où on n'a pas encore la possibilité d'effectuer des
paiements en ligne. Des anecdotes liées à Facebook, on en a entendu parlé. L'on se souvient de ce cambrioleur qui s'est trahi en se connectant sur Facebook sur les lieux de son larcin. Des imbécilités comme
celui-ci, il n'y en a peut-être pas des tonnes, mais on s'accordera à dire que le site communautaire entraîne des situations parfois caucasses.
Désormais, les recruteurs s'amusent à pinailler sur Facebook pour vérifier les dires des candidats qui postulent chez eux. Contraire à l'éthique, cette pratique est pourtant de plus en plus
assimilée par les entreprises. Certains employés ont déjà été virés puisque leur patrons se sont aperçus sur le réseau qu'ils étaient au bord de la mer pendant une congé maladie. Ma propre
personne a pris la précaution d'adopter un pseudo au lieu de mon véritable patronyme et prénom, mais beaucoup d'entre nous y publions notre propre identité. Est-ce condamnable ? Pas le moins du
monde, il faut l'avouer. Chacun est libre de son entreprise, mais n'allez donc pas vous plaindre lorsqu'il arrivera qu'on vous harcèle. Heureusement qu'il y a l'onglet "Rejeter". N'oublions pas
non plus de bien paramétrer notre compte tout en prenant soin de choisir les applications que nous utilisons.
Il faut avouer une chose, Facebook est l'exutoire des timides. Sans y apprendre la vie en société, on apprend tout de même à s'y socialiser, à avancer un peu plus vers les autres. Il n'est pas
envisageable pour certaines personnes de lier directement contact avec les autres (un véritable parcours du combattant croyez-moi, et je suis en connaissance de cause), et Facebook
contribue à hauteur de sa capacité à l'intégration de ces personnes. Comme je suis à Madagascar, un pays totalement oublié par les spécialistes de la communication numérique, je n'en ai trop cure
des collectes illicites d'informations, surtout nuisibles aux sociétés de consommation. Addicted to Facebook ? Je plaide coupable, mais il y a tout de même des limites que je me pose. On verra
bien si ce site est nuisible.
Je t'adore ! Je suis de ceux qui sont horripilés à l'idée même de dire ces mots à une
personne, qu'importe de qui il s'agit. Ce mot présuppose un attachement profond et indéfectible envers l'individu à qui l'on s'adresse, ce qui est loin d'être mon cas. J'éprouve pourtant ce
sentiment à l'égard de ma terre, de sa poussière et de ses racines. Je n'ai pas un nom malgache, mais qu'importe, mon appartenance à ces vallons et ces plaines est définitivement enracinée au
plus profond de mon âme. Je ne suis pas de ceux qui le revendiquent urbi et orbi, mais il est des jours où je ressens l'envie de le dire tout haut.
Vivre dans ce pays est loin d'être une chose aisée, et on a sûrement les pires dirigeants qui soient. L'idée même d'être de la même nationalité que ces hurluberlus politiques me donne des
urticaires, mais quoi qu'on en dise, je suis Malgache et je le resterai. Quelles en sont les raisons, je ne puis les définir avec certitude et de toute manière, je ne cherche pas à me définir.
Mon R est d'ailleurs plus français que malgache, mon code vestimentaire s'apparente plus à la mode européenne et mon article se rédige dans la langue de Molière, ce qui ne m'empêche pas pour
autant de ressentir une tenace fibre malgache.
Mon tilt est surtout venu d'une observation toute prosaïque que j'ai faite au cours de mes quelques voyages à l'extérieur du pays. Je n'ai jamais été en Australie, tenons-le pour dire, mais dans
les contrées qui ont eu le malheur de m'accueillir, j'ai constaté qu'on ne soulevait jamais de poussière rouge avec nos chaussures lorsqu'on marche. J'ai même rarement vu des briques en terre
rouge tel qu'on en voit partout sur les Hautes Terres malgaches. De là est venu mon insipide idée de lancer cette expression à l'encontre de la terre rouge malgache : "Je t'adore". Comme il est
plaisant de savoir qu'on éprouve parfois des sentiments, et qu'on s'aperçoit que des contreparties, il y en a peu ou prou, si ce n'est de ne pas râler lorsqu'on est amené à parcourir d'immenses
pistes à la limite du careossable exaltant des tonnes de poussière.
Lavo ny andrarezina. Nodimandry anio alatsinainy 14 septambra i Ramilison Besigara, mpanao hira gasy malaza ary mpitarika ny tarika Ramilison Fenoarivo. 73 taona izy izao nondaosin'ny
fahafatesana izao, ary izy dia anisan'ireo mahafatra-po amin'ny fanabeazana ny eny amin'ny tontolo ambanivohitra. Maro ny sangan'asa napetrany ary efa nitety faritra maro izy.
Fanontaniana no mipetraka. Mba firy amintsika moa no tena nahalala ny zava-bitany, indrindra isika tanora? Maro ireo faritra noteteziny nampifaliana fianakaviana maro sady nanabeazana ireo
mbonina ambanivohitra (fahaiza-mitantana,, fanabeazana aizana, fitandroana ny fahasalamana...) amin'ny alalan'ny hira gasy. Tsapako fa sahalahala amin'ny nahavery an'Itompokolahy Rakoto Frah
ihany izao fahalasana izao. Ankehitriny indrisy fa ny mpihira gasy dia toa tsy misy mivaky loha intsony, ka voatery mandeha lavitra ianao vao mahita ny tena mahery an-dihy sy am-peo.
Ny haino aman-jery ihany koa moa izany ankehitriny efa sodokan'ny dihy vody sy ny hira vaovao ka manadino ny tena izy, nefa izy ireo no tena andrasana hamafy ny tena kolon-tsaina, isaorana noho
izany ny RNM mba mandefa io kolontsaina netim-paharazana io indraindray, eo koa ny Radio feon'imerina. Ny sisa andrasana mba hamelom-bolo indray izay mba lova kely sisa ananana.
Maneho ny fiaraha-miory amin'ny fianankaviana iray manontolo sy ny mpiara-belona aminy ny blaogy SSD-Dago, ary mirary fiononana feno. Antenaina fa hitandro sy hanapariaka ny zava-tsoa
navelan'Itompokolahy Ramilison Besigara izy ireo ka hanandratra avo ny anarany.
A entendre tous ces enflés de la scène politique malgache, le peuple est uni derrière chacun d'eux. Que je risse. Je suis un Malgache et je ne me suis jamais senti autant hors de leurs propos
qu'à cette heure où je vous écris. Ce terme, PEUPLE, du latin populus, renvoie à un groupe uni par la même nationalité. Prosaïquement donc, ce terme ne renferme aucune connotation
politique. Force est de constater pourtant que l'utilisation du mot se fait au gré des contextes. On entend quelque part que le peuple est la majorité qui a élu tel candidat. On entend autre part
que le peuple est l'ensemble des individus qui ont manifesté ici ou là.
Le mot peuple est tellement galvaudé qu'il en perd son sens premier. Je suis Malgache, mais désormais, je ne me sens plus faire partie d'un quelconque peuple. Actuellement, nous avons un peuple
soumis à telle mouvance politique, et un autre peuple assujetti à telle personne. Et le reste, où les place-t-on? Déduction logique, ceux qui n'ont pas d'opinion politique, ou ceux qui s'en
foutent ne font plus partie du peuple. De ce fait, on ne fait plus partie du processus démocratique (un autre terme tout aussi pourri actuellement). Bref, comme le disait Victor Hugo, quand
le peuple sera intelligent, alors seulement le peuple sera souverain. A Madagascar, la politique est encore entre les mains d'une bande de rapias richissimes et nombrilistes.
49 ans d'indépendance et toujours aussi bêtes. Les Malgaches (le peuple) ont le don de choisir (par n'importe quel moyen) des individus qu'ils n'arrivent même pas à cerner. Mais comme on dit, le
chef est le reflet du reste. Bon sang de putain de vos dieux, je n'espère plus rien dans ce pays, je me contente d'y vivre. Bien que j'adore y être, j'arrête de vilipender contre ces gens qui se
disent patriotes et qui sont responsables de MA situation économique désastreuse. J'en ai ras la patate de réfléchir sur leur avenir propre en se servant d'autres hommes comme échafaud d'accès au
pouvoir. Dommage juste qu'il faille encore que je paie mes taxes (histoire de ne pas être emmerdé).
Faites-moi juste signe quand arrivera le temps d'intégrer de nouveau le peuple malgache. Entretemps, je vogue entre les réflexions atones et les propos ineptes de nos politiciens. Je ne suis plus
qu'un Malgache, je ne suis plus le peuple.
Vous tous, tout comme moi, disposez des cinq organes de sens nécessaires à la perception du monde. Ils sont essentiels, à n'en juger que par la difficulté de ceux
qui en sont privés à s'intégrer dans la société. Chaque information retenue n'est pourtant pas interprétée de la même manière. L'interprétation des données dépend de nos préconçus culturels, de
nos connaissances et de notre idéologie. Cette différence est essentielle pour constituer la personnalité et se forger une image auprès de nos semblables. La divergence de perception des éléments
de la réalité ne devrait jamais être une source de conflit. Susciter des mésententes est tout à fait naturel, mais n'oubliez pas que l'homme est doté de neurones interconnectés quasiment à
l'infini. Au grand dam de nous tous, la plupart sont enclins à privilégier la manière forte et abrutissante. Au vu de ces gens, mon idéalisme semble être relégué au rang des idées farfelues et
inapplicables. Il faudrait pourtant juste filtrer nos impressions avec du respect.
Faisons ce que nous voulons, abusons de ce que nous aimons, ignorons les mauvaises perceptions, mais que cela reste dans le total respect d'autrui. Autre chose très importante, il ne faut jamais
imposer un carcan de perception aux autres. Certains politiques et la plupart des religions font pourtant de la modification des perceptions leur cheval de bataille. Moi qui déteste l'uniformité,
je suis au déplaisir de constater l'incompréhension des autres quand j'expose ma vision du monde. Ils se sentent blessés puisque leur perception est remise en question et qu'ils ne comprennent
pas encore que cela est dans la logique de la nature humaine. On n'est pas des bêtes pour avoir le même instinct. On n'est pas des arbres pour pousser de la même manière (de haut en bas). Chacun
est libre de comprendre ce que bon lui semble tant que ce n'est pas au détriment des autres.
Qui dominera le monde alors? J'aimerai bien ne pas avoir d'éléments dominateurs.
Et souvenez-vous, mes cinq sens me signalent qu'il n'y a aucun dieu ou un quelconque être supra-sensoriel. Il y a plus de chance de voir des extraterrestres.
Certaines de mes réponses sur les articles auront surement laissé quelques commentateurs sur leu faim. Il est indéniable que le souci premier des religions, dans sa conception idéelle, est le
bien de l'humanit et le respect mutuel. Dans les temps reculés et féodaux, la pression morale était un instrument de propagande dont les concepts dogmatiques étaient le fer de lance.
Je conçois la religion comme étant un ciment social. L'alternative philosophique au flou généré par les transcendances morales est en l'homme lui-même. déclarer que "Dieu" est Amour revient alors
à dire que l'homme est finalement capable d'aimer mais il lui est parfois nécessaire de croire en quelque chose pour avancer dans ce sens.
Mes reflexions ne sont ni intellectualistes ni illuminées. Elles reposent juste jur une notion plus développée d'humanité. Le Christ et Mahomet sont des hommes (à 100% issus de l'union de deux
gamètes), des meneur sd'homme et accessoirement, agitateurs de l'ordre établi en ce temps-là. En ce qui concerne la religion chrétienne, c'est grâce à Paul de Tarse que l'idéologie
idéologie fut transmis aux Romains, alors maîtres du monde. Et comme c'est la religion des vainquers qui domine, nous voyons le résultat.
Ne me demandez pas d'où vient le monde car c'est la parade ultime des croyants lorsque j'entreprends de mettre en cause l'unicité de la vision religieuse. La vision d'un Indien Apache a la même
valeur que l'origine du monde judéo-chrétieno-musulman ou hindoue. Déterminer l'origine du monde nécessitera de la patience et plusieurs milliers d'années de recherche (scientifique et
philosophique), et surtout une grande ouverture d'esprit.
A Madagascar, s'adonner à des pratiques cultuelles est devenu la condition sine qua none de la convenance sociale. Si vous avez la volonté de bien paraître aux yeux de vos égaux, tâchez donc, de
temps à autre, de fréquenter les établissements religieux, qui, admettons-le, poussent comme des champignons. Si vous êtes traditionnalistes, les temples, les églises ou encore les mosquées de
plus de cinquante ans ne sont pas en reste.
Si par contre, comme bien des gens, vous n'avez pas la force de sortir de chez vous, il suffit d'évoquer le nom de votre dieu à tout bout de champ, il paraîtrait que cette méthode fonctionne. Le
tout étant de vous faire accepter.
Honte à nous donc, bande de mécréants, et de mécréantes, honte à moi, car de par même notre liberté d'esprit, nous sommes destinés à devenir des parias (originellement des individus appartenant
au caste des Intouchables, en Inde). Ne vaut-il donc pas mieux sacrifier nos valeurs intellectuelles, nous réussirons peut-être à nous faire accepter. N.B. : Il est possible de jouer la comédie
tout au long de notre vie pour ce faire.
Le monde culturel malgache n’a été plus prolifique en termes de quantité de production musicale. L’OMDA n’a jamais enregistré un tel nombre d'œuvres venant tant
de la capitale que celles venant des autres contrées de Madagascar. Mais une augmentation du nombre de production n’en traduit pour autant pas la bonne santé : la musique malgache semble
péricliter.
Adrian North raconte qu’au XIXème siècle, la musique était perçue comme un "trésor" de grande valeur avec des pouvoirs fondamentaux et presque mystiques
de la communication humaine. Actuellement, à cause de son matraquage continuel des mass media, la musique n'est plus une expression de la créativité artistique mais une scène où les saltimbanques
de service font tout pour être vus et entendus.
Etoiles filantes
"Chaque soir, un nouvel artiste à présenter". Tel est le credo de l'ancienne émission musicale RTA ho anao. Autant d'artistes que de jours ouvrables donc qui passent
sur le plateau pour avoir son heure de gloire. Derrière les marchands d’une culture au rabais se défaussant de leur responsabilité sociale derrière les sacro-saintes "lois du marché", les
pseudoartistes défilent, font le beau et la plupart du temps disparaissent dans les méandres du temps. On joue à celui qui reste le plus longtemps au-devant de la scène. Ce jeu de la chaise
musicale, en plus de nuire à la qualité globale de la culture malgache en étouffant les véritables artistes, nous torturent avec des rythmes dissonants et rébarbatifs. Du millier et quelque
d'artistes qui prolifèrent à Madagascar, les quelques dizaines qui tiennent la planche apparaissent au gré des contrats avec les organisateurs de concerts qui n'hésitent pas à payer grassement
les chaînes de télévision. Dans un contexte moderne et mondialisé, le pays manque de créateurs véritables et toute la kyrielle se contente de réinventer ce qui existe déjà en copiant les modèles
occidentaux ou en associant des styles traditionnels. Il est donc logique que nos artistes actuels ne peuvent traverser pas le temps sans se précipiter dans l'ignorance du public à la fin.
Le culte des NTIC
Pris dans l’engouement de l’utilisation massif des nouvelles technologies de l’informatique, les producteurs sont tombés dans l’abus sans avoir les connaissances et
les compétences nécessaires à leur manipulation. La télévision nous gave de vidéo-clips tournés à la va-vite sans la moindre once de qualité technique. Des arrière-trains qui se trémoussent sur
lesquels on zoome à-qui-mieux mieux ou des plagias des clips européens avec de petits effets spéciaux démontrent que nos vaillants réalisateurs n’en sont pas encore au point ou ils méritent
d’être applaudis. L’informatique n’est pas un eldorado où tous les fantasmes peuvent se réaliser d’un simple claquement de doigts. Le problème vient peut-être aussi du fait que l’organe
législateur, l’Etat en l’occurrence, ou du moins les principales stations de télévision ou de radio, ne posent pas de normes. Cette absence de réglementations laisse instaurer au fil du temps une
gabegie que personne ne peut plus contrôler. Il est vrai que sans les machines et les logiciels que la technologie a apportés, la production musicale n’aurait pas évolué de la même manière, mais
vu la prolifération de tant d’aberrations sur le marché de la culture, il est nécessaire d’imposer un mode de calibrage technique qui non seulement améliorera la qualité mais aussi permettra
d’exprimer aux plus doués (noyés dans la masse) plus de créativité artistique.
Et le public ?
Et bien, répondre à cette question revient à résoudre le problème en entier. Si le public continue à adouber les « produits » des producteurs dans cet axe
de médiocrité, il en résulte automatiquement une piètre qualité des œuvres produites. Le public malgache n’est pas inculte pour accepter cette réalité, mais assujetti aux médias qui sont à la
solde du mercantilisme, il subit littéralement un lavage de cerveau qui lui inculque ce que le marché dicte. Madagascar n’a pas, comme la France des alternatives culturelles comme la chaîne de
télévision Arte ou encore la radio Nova qui diffusent des œuvres alternatives, dont plusieurs sont de très bonnes factures. Libéré trop rapidement et de manière anarchique du joug de la censure
après la chute de la Deuxième République, les Malgaches n’ont pas su s’adapter aux dures lois de la liberté et ont payé cela de leur culture. Sans vouloir jour les cassandres de service, la
culture malgache est décadente, aliénée et hors d’elle-même. Le fait que ce soit des organismes étrangers comme le Centre Culturel Français (ex-Centre Culturel Albert Camus) et l’Alliance
Française qui font la promotion des musiques malgaches de bon style est aberrant. Ces organismes n’ayant pas recours au matraquage médiatique, les artistes ne sont pas connus et reconnus par le
plus grand nombre mais uniquement à un public initié, ce qui les condamne à rester dans l’anonymat.
Samoela joue l’exception pour confirmer la règle.
La situation culturelle à Madagascar n’est pas désespérée mais rester cantonné dans un espace où aucune règle n’existe et où le statut même des artistes n’est pas
défini, on tombe facilement dans l’engrenage de la médiocrité. Les autorités compétentes ne doivent pas rester les bras croisés et se doivent d’assumer leur responsabilité. Il faudra bien, tôt ou
tard, sauver le bateau qui coule car il est indéniable que la chanson malgache est en péril.
Si trois groupes extrémistes juifs, chrétiens et musulmans avaient un jour la chance de se
réunir dans une même pièce et qu'ils mettent à discuter de leur foi et à prêts se remettre en question, ne serait-ce que deux minutes, en sortant de là, ils deviendront intégristes du
scepticisme. Tout cela en supposant qu'ils soient assez intelligents pour se remettre en question. Mais déjà, le fait même d'être extrémiste est une marque d'avilissement moral et intellectuel.
Les pauvres gens de cette espèce ne pensent pas, ils jurent.
Le vrai problème est que, de ces trois obédiences citées, la plupart des adeptes sont
extrémistes et n’ont qu’une pensée unique. Cela est reconnaissable au fait qu'ils ne remettent jamais en cause l'intégrité de leur foi. Il est surtout courant pour eux de démontrer l'irréalité et
le danger des autres dogmes ou modes de pensée.
Il s'agit juste en réalité d'une question d'appartenance grégaire, souvent généré par une
différence ou un différend politico-socio-géographique. Si Siddhârta Gautama s'est juste décidé de se retirer de l'ordre social castaire pour enseigner une vision égalitaire, sans heurt ni
violence, pour citer le bouddhisme en exemple, les trois grandes religions monothéistes ont provoqué un nombre très important de conflits et de guerres. Mais comme on dit, cela est de bonne
guerre, il faut bien s'imposer un jour ou l'autre, et il est d'autant plus inquiétant de constater un retour en force de l'obscurantisme.
Soyons mesquins et comparons Jésus de Nazareth, Mahomet et Bouddha. Une chose est sûre, la seule
entité à avoir admis son humanité est Bouddha et son enseignement n'en fut que plus grand. Point commun entre les trois personnages, ils sont tous trois issus d'une société totalement
inégalitaires, ce qui fait que leur charisme naturel, conjugué avec leur enseignement remettant en cause l'ordre établi, les a mis sur un piédestal qui ont fait d'eux des guides moraux et
spirituels.
Qui a raison ? Qui a tort ? Si vous répondez par l'absolue réponse, cela veut dire que vous
appartenez à la race des extrémistes. Une constante remise en question est nécessaire et la réponse à cette question ne sera jamais connue.
Aucune foi n'est parfaite, comme toute philosophie humaine, et chaque dieu n'est que le reflet de la société qui l'a encensé. Car croyez-vous vraiment qu'il existe autant
de dieu et que chacun croit que c'est le sien qui soit le seul ? Oui!
Petrarque a un jour déclaré : "La raison parle et le sentiment mord". Avec humour, je vous dirai ici donc qu'étant partisan de la non-violence, j'évite de mordre,
par n'importe quel moyen, et corollairement, j'évite aussi de me faire mordre. Cette affirmation de Petrarque est insensé me direz-vous, mais en fait, elle rend bien la réalité humaine.
Si la connaissance a contribué à l'évolution de l'homme, les soi-disants sentiments qu'il éprouve menèrent souvent à sa destruction ou à son implosion. On peut parlericitant de l'homme en tant qu'individu que de l'Homme en tant que groupe humain. Toujours dans ce fil d'idée depuis longtemps, je n'ai
jamais attaché grande importance à ces manifestations psychologiques qui nous lient aux êtres qui nous entourent, j'aime plutôt à admettre que c'est plus un besoin de sécurité qui nous pousse à
rester en groupe.
Psychologiquement, le sentiment est assez difficile à cerner, mais globalement, on peut dire que c'est une réponse à un stumulus qui provoque chez quelqu'un une émotion, se manifestant par une
combinaison d'activations physiologiques et d'expressions comportementales. Les sentiments peuvent être positifs ou négatifs mais la plupart du temps, il s'agit d'expérience subjective,
c'est-à-dire une impression. A en croire les psychothérapeutes, c'est surtout l'incapacité à contrôler ces sentiments qui provoquent le plus les troubles mentaux. Ceci expliquant cela, ressentir
trop de sentiment est donc d'une certaine manière vide de sens, car ce n'est finalement que la réponse à plusieurs stimuli que le corps de chacun interprète à sa manière.
Et s'il m'arrivait un jour d'être submergé de sentiments (cela est-il déjà arrivé? Je ne vous le dirai pas), j'évite au maximum d'y prêter attention, conscient des "troubles" que cela peut
provoquer dans mon existence rationnelle. Cette repulsion envers la subjectivité autonyme est motivée par la présomption d'une perte de contrôle dans le cas échéant.
A en croire les gens, je n'ai pas de coeur. Mais comme je le dis toujours, le coeur n'est qu'une pompe, fortement influencé par l'esprit certes, mais qui ne raisonne pas.
Et comme je le dis toujours, vive la belle vie !
Réponse de Sitraka :
Je ne vais pas faire un étalage de connaissance mais je vais tout simplement écrire ce que le dictionnaire de la psychologie dit à propos des sentiments :
Sentiment : état affectif complexe, combinaison d’éléments émotifs et imaginatifs, plus ou moins clair, stable, qui persiste en l’absence de tout stimulus. Les causes de ce phénomène plus durable
que l’émotion et moins violent que la passion peuvent être d’ordre intellectuel, moral ou affectif : les sentiments esthétiques et religieux, la sympathie, l’admiration, le ressentiment,
l’orgueil, la honte, etc…, répondent à cette définition. Ce sont des phénomènes psychiques conscients qui colorent affectivement nos perceptions et influencent nos conduites. Les sentiments sont
liés aux tendances profondes de l’individu, à ses pulsions, à ses désirs satisfaits ou frustrés. Les psychanalystes parlent (d’une façon impropre, car les sentiments sont des états conscients) de
sentiment inconscients de culpabilité, d’infériorité, etc.. ; Il s’agit de réactions émotionnelles subconscientes, auxquelles l’individu ne permet pas de s’exprimer librement et qui se
manifestent par des mécanismes substitutifs comme la dépression (à la place de la colère) ou d’autres symptômes névrotiques et psychosomatiques.
Donc par interpolation, tout le monde a un sentiment, à moins d’être mort ou sans vie. On ne peut pas se retrancher dans son univers morbide et vivre dans la solitude de ses rêveries ou bien dans
un déterminisme organique
Excipit de SSD Dago
Déterminisme organique! Merci pour la remarque, fine et précise. J'attendais cette remarque depuis un certain temps pour véritablement dévoiler mes intentions en rédigeant cet article. Mes
gaucheries étaient basées sur un repli sur soi qui m'a permis de porter ma reflexion plus loin que les influences des sentiments à un moment où il faut l'avouer, j'en étais submergé. Cet article
est un pied de nez que je me suis fait à moi-même. L
Loin de moi l'idée donc de "subir" un déterminisme organique comme vous le dites, et l'hédoniste que je suis en est tout à fait incapable. Ce que je ne puis admettre par rapport à mon propre
esprit, c'est la perte de contrôle. Et ma sensibilité naturelle finalement me réserve parfois de mauvaises surprises.
Tout à fait d'accord avec vous avec toutes les explications de Sitraka malgré les lacunes de la psychanalyse, on perd nos sentiments à la mort. L'essentiel pour moi est d'en contrôler l'intensité
par un travail intellectuel adapté sans toutefois les étouffer.