Mercredi 3 juin 2009
A Madagascar, s'adonner à des pratiques cultuelles est devenu la condition sine qua none de la convenance sociale. Si vous avez la volonté de bien paraître aux yeux de vos égaux, tâchez donc, de temps à autre, de fréquenter les établissements religieux, qui, admettons-le, poussent comme des champignons. Si vous êtes traditionnalistes, les temples, les églises ou encore les mosquées de plus de cinquante ans ne sont pas en reste.

Si par contre, comme bien des gens, vous n'avez pas la force de sortir de chez vous, il suffit d'évoquer le nom de votre dieu à tout bout de champ, il paraîtrait que cette méthode fonctionne. Le tout étant de vous faire accepter.

Honte à nous donc, bande de mécréants, et de mécréantes, honte à moi, car de par même notre liberté d'esprit, nous sommes destinés à devenir des parias (originellement des individus appartenant au caste des Intouchables, en Inde). Ne vaut-il donc pas mieux sacrifier nos valeurs intellectuelles, nous réussirons peut-être à nous faire accepter. N.B. : Il est possible de jouer la comédie tout au long de notre vie pour ce faire.
Par Brice SSD - Publié dans : Religion - Communauté : Madagascar
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Mercredi 20 mai 2009

Le monde culturel malgache n’a été plus prolifique en termes de quantité de production musicale. L’OMDA n’a jamais enregistré un tel nombre d'œuvres venant tant de la capitale que celles venant des autres contrées de Madagascar. Mais une augmentation du nombre de production n’en traduit pour autant pas la bonne santé : la musique malgache semble péricliter.

Adrian North raconte qu’au XIXème siècle, la musique était perçue comme un "trésor" de grande valeur avec des pouvoirs fondamentaux et presque mystiques de la communication humaine. Actuellement, à cause de son matraquage continuel des mass media, la musique n'est plus une expression de la créativité artistique mais une scène où les saltimbanques de service font tout pour être vus et entendus.

Etoiles filantes

"Chaque soir, un nouvel artiste à présenter". Tel est le credo de l'ancienne émission musicale RTA ho anao. Autant d'artistes que de jours ouvrables donc qui passent sur le plateau pour avoir son heure de gloire. Derrière les marchands d’une culture au rabais se défaussant de leur responsabilité sociale derrière les sacro-saintes "lois du marché", les pseudoartistes défilent, font le beau et la plupart du temps disparaissent dans les méandres du temps. On joue à celui qui reste le plus longtemps au-devant de la scène. Ce jeu de la chaise musicale, en plus de nuire à la qualité globale de la culture malgache en étouffant les véritables artistes, nous torturent avec des rythmes dissonants et rébarbatifs. Du millier et quelque d'artistes qui prolifèrent à Madagascar, les quelques dizaines qui tiennent la planche apparaissent au gré des contrats avec les organisateurs de concerts qui n'hésitent pas à payer grassement les chaînes de télévision. Dans un contexte moderne et mondialisé, le pays manque de créateurs véritables et toute la kyrielle se contente de réinventer ce qui existe déjà en copiant les modèles occidentaux ou en associant des styles traditionnels. Il est donc logique que nos artistes actuels ne peuvent traverser pas le temps sans se précipiter dans l'ignorance du public à la fin.

Le culte des NTIC

Pris dans l’engouement de l’utilisation massif des nouvelles technologies de l’informatique, les producteurs sont tombés dans l’abus sans avoir les connaissances et les compétences nécessaires à leur manipulation. La télévision nous gave de vidéo-clips tournés à la va-vite sans la moindre once de qualité technique. Des arrière-trains qui se trémoussent sur lesquels on zoome à-qui-mieux mieux ou des plagias des clips européens avec de petits effets spéciaux démontrent que nos vaillants réalisateurs n’en sont pas encore au point ou ils méritent d’être applaudis. L’informatique n’est pas un eldorado où tous les fantasmes peuvent se réaliser d’un simple claquement de doigts. Le problème vient peut-être aussi du fait que l’organe législateur, l’Etat en l’occurrence, ou du moins les principales stations de télévision ou de radio, ne posent pas de normes. Cette absence de réglementations laisse instaurer au fil du temps une gabegie que personne ne peut plus contrôler. Il est vrai que sans les machines et les logiciels que la technologie a apportés, la production musicale n’aurait pas évolué de la même manière, mais vu la prolifération de tant d’aberrations sur le marché de la culture, il est nécessaire d’imposer un mode de calibrage technique qui non seulement améliorera la qualité mais aussi permettra d’exprimer aux plus doués (noyés dans la masse) plus de créativité artistique.

 

Et le public ?

Et bien, répondre à cette question revient à résoudre le problème en entier. Si le public continue à adouber les « produits » des producteurs dans cet axe de médiocrité, il en résulte automatiquement une piètre qualité des œuvres produites. Le public malgache n’est pas inculte pour accepter cette réalité, mais assujetti aux médias qui sont à la solde du mercantilisme, il subit littéralement un lavage de cerveau qui lui inculque ce que le marché dicte. Madagascar n’a pas, comme la France des alternatives culturelles comme la chaîne de télévision Arte ou encore la radio Nova qui diffusent des œuvres alternatives, dont plusieurs sont de très bonnes factures. Libéré trop rapidement et de manière anarchique du joug de la censure après la chute de la Deuxième République, les Malgaches n’ont pas su s’adapter aux dures lois de la liberté et ont payé cela de leur culture. Sans vouloir jour les cassandres de service, la culture malgache est décadente, aliénée et hors d’elle-même. Le fait que ce soit des organismes étrangers comme le Centre Culturel Français (ex-Centre Culturel Albert Camus) et l’Alliance Française qui font la promotion des musiques malgaches de bon style est aberrant. Ces organismes n’ayant pas recours au matraquage médiatique, les artistes ne sont pas connus et reconnus par le plus grand nombre mais uniquement à un public initié, ce qui les condamne à rester dans l’anonymat.

Samoela joue l’exception pour confirmer la règle.

La situation culturelle à Madagascar n’est pas désespérée mais rester cantonné dans un espace où aucune règle n’existe et où le statut même des artistes n’est pas défini, on tombe facilement dans l’engrenage de la médiocrité. Les autorités compétentes ne doivent pas rester les bras croisés et se doivent d’assumer leur responsabilité. Il faudra bien, tôt ou tard, sauver le bateau qui coule car il est indéniable que la chanson malgache est en péril.

Par Brice SSD - Publié dans : Culture
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Mercredi 20 mai 2009

Si trois groupes extrémistes juifs, chrétiens et musulmans avaient un jour la chance de se réunir dans une même pièce et qu'ils mettent à discuter de leur foi et à prêts se remettre en question, ne serait-ce que deux minutes, en sortant de là, ils deviendront intégristes du scepticisme. Tout cela en supposant qu'ils soient assez intelligents pour se remettre en question. Mais déjà, le fait même d'être extrémiste est une marque d'avilissement moral et intellectuel. Les pauvres gens de cette espèce ne pensent pas, ils jurent.

 

Le vrai problème est que, de ces trois obédiences citées, la plupart des adeptes sont extrémistes et n’ont qu’une pensée unique. Cela est reconnaissable au fait qu'ils ne remettent jamais en cause l'intégrité de leur foi. Il est surtout courant pour eux de démontrer l'irréalité et le danger des autres dogmes ou modes de pensée.

 

Il s'agit juste en réalité d'une question d'appartenance grégaire, souvent généré par une différence ou un différend politico-socio-géographique. Si Siddhârta Gautama s'est juste décidé de se retirer de l'ordre social castaire pour enseigner une vision égalitaire, sans heurt ni violence, pour citer le bouddhisme en exemple, les trois grandes religions monothéistes ont provoqué un nombre très important de conflits et de guerres. Mais comme on dit, cela est de bonne guerre, il faut bien s'imposer un jour ou l'autre, et il est d'autant plus inquiétant de constater un retour en force de l'obscurantisme.

 

Soyons mesquins et comparons Jésus de Nazareth, Mahomet et Bouddha. Une chose est sûre, la seule entité à avoir admis son humanité est Bouddha et son enseignement n'en fut que plus grand. Point commun entre les trois personnages, ils sont tous trois issus d'une société totalement inégalitaires, ce qui fait que leur charisme naturel, conjugué avec leur enseignement remettant en cause l'ordre établi, les a mis sur un piédestal qui ont fait d'eux des guides moraux et spirituels.

 

Qui a raison ? Qui a tort ? Si vous répondez par l'absolue réponse, cela veut dire que vous appartenez à la race des extrémistes. Une constante remise en question est nécessaire et la réponse à cette question ne sera jamais connue.

 

Aucune foi n'est parfaite, comme toute philosophie humaine, et chaque dieu n'est que le reflet de la société qui l'a encensé. Car croyez-vous vraiment qu'il existe autant de dieu et que chacun croit que c'est le sien qui soit le seul ? Oui!
Par Brice SSD - Publié dans : Religion
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Dimanche 26 avril 2009
Petrarque a un jour déclaré : "La raison parle et le sentiment mord". Avec humour, je vous dirai ici donc qu'étant partisan de la non-violence, j'évite de mordre, par n'importe quel moyen, et corollairement, j'évite aussi de me faire mordre. Cette affirmation de Petrarque est insensé me direz-vous, mais en fait, elle rend bien la réalité humaine.

Si la connaissance a contribué à l'évolution de l'homme, les soi-disants sentiments qu'il éprouve menèrent souvent à sa destruction ou à son implosion. On peut parler
ici tant de l'homme en tant qu'individu que de l'Homme en tant que groupe humain. Toujours dans ce fil d'idée depuis longtemps, je n'ai jamais attaché grande importance à ces manifestations psychologiques qui nous lient aux êtres qui nous entourent, j'aime plutôt à admettre que c'est plus un besoin de sécurité qui nous pousse à rester en groupe.

Psychologiquement, le sentiment est assez difficile à cerner, mais globalement, on peut dire que c'est une réponse à un stumulus qui provoque chez quelqu'un une émotion, se manifestant par une combinaison d'activations physiologiques et d'expressions comportementales.  Les sentiments peuvent être positifs ou négatifs mais la plupart du temps, il s'agit d'expérience subjective, c'est-à-dire une impression. A en croire les psychothérapeutes, c'est surtout l'incapacité à contrôler ces sentiments qui provoquent le plus les troubles mentaux. Ceci expliquant cela, ressentir trop de sentiment est donc d'une certaine manière vide de sens, car ce n'est finalement que la réponse à plusieurs stimuli que le corps de chacun interprète à sa manière. 


Et s'il m'arrivait un jour d'être submergé de sentiments (cela est-il déjà arrivé? Je ne vous le dirai pas), j'évite au maximum d'y prêter attention, conscient des "troubles" que cela peut provoquer dans mon existence rationnelle. Cette repulsion envers la subjectivité autonyme est motivée par la présomption d'une perte de contrôle dans le cas échéant.

A en croire les gens, je n'ai pas de coeur. Mais comme je le dis toujours, le coeur n'est qu'une pompe, fortement influencé par l'esprit certes, mais qui ne raisonne pas.

Et comme je le dis toujours, vive la belle vie !
Par Brice SSD - Publié dans : Editorial
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Jeudi 2 avril 2009

Dans son célèbre essai, Montaigne identifie la principale difficulté à laquelle sont confrontés ceux qui étudient la culture, qui peut se résumer par cette interrogation : qui peut prétendre détenir la vérité ? Cette question dénote et explicite la différence de culture entre les individus qui évoluent au sein d'une société multifacettes.

En entreprise, cette question déborde largement du cadre philosophique. En effet, les entreprises doivent intégrer dans leur cadre organisationnel des systèmes de valeurs différentes que chaque individu apporte. Pourtant, intégré au sein de l'entreprise, l'individu ne s'identifie plus à lui-même mais à l'entreprise.

 


Définition de la culture d'entreprise

 

La culture est à l'entreprise ce qu'elle est à n'importe quel autre système social : un ensemble de croyances, de pratiques et de mythes communs à un groupe de personnes, au point qu'elles se sentent investies les unes par rapport aux autres, avec un sentiment d'appartenance. Si l'on ne tient pas compte des convictions spécifiques partagées par le personnel, on peut dire que la culture d'une entreprise est forte quand elle soude tous les employés. A l'inverse, elle est faible quand ceux-ci affichent des opinions divergentes, voire contradictoires, pour se sentir différents les uns des autres. Cette culture peut être explicite ou au contraire simplement tacite, sous-entendue.

Le concept de culture d’entreprise n’est pas récent. Depuis longtemps les chefs d’entreprise ont cherché à créer un " esprit maison ", caractérisant la spécificité de leur savoir-faire vis-à-vis des entreprises concurrentes. Dans cette première constatation, la culture d’entreprise permet à un établissement de se démarquer de ceux qui l’entourent, cependant, ce concept touche l’intérieur même de l’entreprise. Toute entreprise, quelle que soit sa taille, forme un sous-groupe social composé d’individus appartenant à une ou plusieurs cultures régionales, ethniques ou nationales. Pour assurer la cohérence de cette mosaïque, l’entreprise a besoin de créer une identité collective, qui deviendra le point de repère de tous ses membres. L’entreprise est, en effet, une zone de conflits et de tensions entre plusieurs cultures identitaires (régionales, nationales). Cette communauté économique et sociale hétérogène à besoin de cohérence pour fonctionner de façon optimale. La culture d’entreprise contribue à une vision commune de tous les salariés qui composent cette communauté. C'est ainsi que l'individu se trouve englobé et drapé dans l'identité et le mode de pensée de l'entreprise.

 


L'individu face à l'entreprise

 

Faut-il des droits et des règles identiques à des personnes différentes ou des droits différenciés pour des personnes différentes. L'entreprise répond à cette question par la culture d'entreprise. Il est primordial de pouvoir s'identifier à une image, de se baser sur des règles communes afin d'avoir la cohésion nécessaire au bon fonctionnement de l'organisation. Il se peut qu’un individu refusant les valeurs de l’organisation décide d’y rester exclusivement pour son épanouissement financier. Il ne sera alors jamais mobilisé par les discours de l’entreprise. Mais dans ce cas-là, il sera marginalisé sauf dans le cas où cet individu a un très fort esprit de leadership et engendrera de suite une modification dans la culture d'entreprise. Ce cas illustre le détachement de l'individu de l'entreprise, mais étant donné que ce cas est très rare, nous pouvons le considérer comme une exception qui confirme la règle.

Dans la majorité des cas, ceux des salariés en l'occurrence, intégrer une organisation revient à adopter une nouvelle culture. Cette intériorisation de la culture d'entreprise se fait en deux temps :

 

 

Comment se fait l'emprise de l'organisation sur l'individu

 

L'emprise de l'organisation sur l'individu se déroule sur plusieurs plans :

● Au niveau idéologique tout d'abord, la société développe une idéologie d'entreprise que ce soit pour l'usage interne (communication interpersonnelle) ou pour l'usage externe. Chaque référence de l'individu est le reflet de l'idéologie de l'entreprise autant dans les transactions que dans les négociations ou dans de simples réunions. L'individu est donc le miroir de l'organisation, une partie d'elle, un élément du système.

● Au niveau psychologique, l'individu s'identifie à l'organisation et intériorise ses objectifs et ses valeurs. Par ailleurs, l'entreprise agit comme une machine à angoisse ou au contraire une machine à plaisir, ce qui à pour conséquence d'agir sur les manières de se comporter de l'individu.

● Au niveau économique, l'organisation produit l'individu, c'est-à-dire que c'est l'entreprise qui engendre les profits et les avantages de la personne. D'un autre côté, l'individu perpétue l'entreprise en oeuvrant pour celui-ci et en engendrant des bénéfices.

 

         Ainsi, par rapport à sa culture originelle, l'individu est délesté de ses valeurs au profit de la culture d'entreprise. N'avons-nous jamais entendu cette fameuse déformation professionnelle qui s'immisce dans notre vie personnelle? L'organisation ayant une emprise tellement forte dans la conscience d'un individu, il en vient au point où la culture de l'entreprise engloutit l'individu.

La culture d'entreprise peut favoriser ou détériorer le climat social selon son utilisation. La culture peut en effet être bénéfique à la mobilisation du personnel et à son efficacité mais une culture forte et peu évolutive peut devenir une contrainte importante puisqu’elle rend difficile tout changement. L'essentiel est qu'elle laisse la liberté nécessaire à chaque individu pour qu'il puisse s'épanouir pleinement et pouvoir produire ainsi au maximum.

Par Brice SSD - Publié dans : Société - Communauté : Madagascar
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Samedi 7 mars 2009
Je l'ai déjà souligné maintes et maintes fois au cours de mes précédents articles, le fait de tout le temps évoquer un quelconque dieu pour s'expliquer d'une situation inexplicable, ou tout simplement s'excuser d'un méfait, relève de la paresse intellectuelle ou de la mauvaise foi. Il est facile de faire porter les mauvaises conséquences d'une action ou d'une décision à un être indéfini et non prouvé.

C'est là que j'admire un pan assez important de la spiritualité bouddhiste, spiritualité à tendance agnostique qui reste toujours à peu près égale à ses principes malgré plusieurs influences culturelles. Le but est tout simplement d'atteindre le Nirvana, c'est-à-dire l'extinction, et casser le cycle de la souffrance. Le devoir de chaque homme envers lui-même est donc la recherche de la non-souffrance afin de s'éteindre tranquillement. La spiritualité bouddhiste prêche l'apaisement, contrairement à plusieurs dogmes religieux qui préconisent la souffrance comme étant une préalable à une vie future après la mort, laquelle vie je ne m'y attends pas (tant pis pour moi direz-vous).

Ce qui arrive actuellement à Madagascar est désolant et c'est cela qui m'a amené à développer de manière succincte le sujet. La population tend à dire, si vous le remarquez bien, que c'est la volonté de dieu de nous faire subir une telle situation, et moi j'affirme mordicus NON. Car c'est une responsabilité conjointe de plusieurs facteurs humains dont une bonne dose d'égocentrisme et de manque de conscience, dieu n'a rien à voir là-dedans. Et qui l'évoque veut tout simplement s'excuser ou se désengager de quelque chose.

"Minoa", "minoa fotsiny ihany", "mahatokisa an'Andriamanitra". Ces propos servent plus à berner la population qu'à apporter de réelles solutions aux problèmes qui se posent. Qui édicte ces mots ont au fond d'eux-mêmes le désir de manipuler, ou tout simplement de faire taire, car qui peut bien contrer dieu ou le remettre en question, sinon un mécréant de la pire espèce qui considère l'homme comme pleine et entière, capable de se suffire à lui-même pour peu qu'il ait de la volonté.

Responsabiliser un dieu déresponsabilise l'homme, et cela n'est pas bon pour l'évolution humaine car qui dit éthique, déontologie, écologie ... dit action entièrement et totalement à la charge de l'homme humain.
Par Brice SSD - Publié dans : Editorial - Communauté : Madagascar
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Mardi 17 février 2009

Ce qui suit relate une petite histoire qui montre bien le dialogue entre les religions. Elle est facile à comprendre.

 

 


- Monsieur, je vous apporte la Bonne parole, la Parole de Jésus-Christ, celle qui fera de vous un bon chrétien

- Madame, je suis musulman, donnez-moi une seule raison qui fera de moi un chrétien.

- C’est simple : nous vous apportons la vraie parole qui sauvera le monde

- Et vous êtes certaine que votre parole est la vraie ?

- Absolument !

- Et pourquoi donc ?

- Parce qu’elle vient de la Bible !

- Je vois. Avez-vous lu au moins le Coran ?

- Ah non, Monsieur, je ne le lirai jamais, ce serait un péché !

- Et comment allez-vous me convaincre alors ?

- Parce que notre Bible est plus étoffée que le Coran, on y rencontre le fils de Dieu ! Rejoignez-nous et vous accèderez à la vraie sagesse!

- Madame, si la sagesse se mesurait par la longueur de la barbe, les boucs seraient déjà des philosophes depuis bien longtemps...

- Oh, Monsieur, où est-ce que vous allez chercher tout ça  ?

- Sans doute le dans le contenu du Coran que vous ne lirez jamais.



L'inversion des rôles de cette histoire est aussi tout à fait possible. Cette petite tirade sert juste à montrer que tant que les hommes seront bornés, les discussion inter-religieuses, et par extension celles inter-communautaires, resteront vaines. L'homme naît libre et différent de son prochain (même les jumeaux), et il n'y a qu'en acceptant et en respectant cette différence individuelle que le monde trouvera l'épanouissement.
Par Brice SSD - Publié dans : Religion
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Lundi 16 février 2009
Il est vrai que l'athéisme n'est ni une religion ni un dogme, mais il est parfois rassurant de savoir qu'on a des personnes ou des personnalités qui partagent la même vision du monde en face de soi. Ce qui n'est pas le cas pour moi actuellement. J'ai pourtant envie de partager ma vision avec des individus qui ont les mêmes opinions que moi à Madagascar.

Avant tout, il faut mentionner que la vision athée est unique et diffère en fonction de chaque personne, mais cette vision s'accorde sur un point, c'est l'absence de divinités diligentes, vision basée sur un un raisonnement humaniste et sur la conviction que l'homme est le seul responsable de ses actes et de ses agissements.

Ce qui est désolant et affligeant, c'est le fait que, en privé, plusieurs personnes partagent la même philosophie que moi mais qu'au devant de la société, ils n'osent pas s'affirmer. Ils perdent sans doute ainsi une partie non négligeable de leur personnalité. Je ne prêche pas, loin de là, mais je cherche uniquement à partager des points de vue. Je le fais déjà par le biais de mon adresse électronique, mais uniquement avec des Malgaches vivant à l'extérieur et des étranger.

Le tout est de montrer à la société malgache que la vision croyante n'est pas la seule partagée à Madagascar (chrétiens, musulmans, hindous...) mais qu'il y a une frange de la société qui se base sur le rationalisme athée. Cette démarche a pour but de favoriser la tolérance et déstigmatiser un athéisme trop souvent dénigré.

Osons décloisonner les mentalités. Car c'est uniquement de cette façon que nous réussirons à ôter cette œillère sociale qui considère que toute vision différente est destinée à la damnation, laquelle damnation n'est que la mort, la seule chose inéluctable de la vie.
Par Brice SSD - Publié dans : Religion - Communauté : Madagascar
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Dimanche 15 février 2009
Principal arme des hommes politiques mais aussi des marketeurs, bref des stratèges, la loi du "Je connais quelqu'un" est une arme d'influence bougrement efficace et intellectuellement nauséabonde. Toutes le phrases précédées de cette mention sont factuellement nulles et non avenues car elles ne sont que des discours rapportés, déracinés de la réalité de la production. Les discours du "Je connais quelqu'un" est un exemple évident de l'efficacité du buzz. Le résultat de ces propos sont soit tout à fait dithyrambiques à l'égard d'une personne, ou au contraire, totalement dénigratif. Il n'y a pas de demi-mesure. Il n'y a plus de discernement.

Essayez juste d'analyser une situation. Dès qu'une personne évoque ce type de réalité raportée, il a, de manière consciente ou non, envie de convaincre. Cette personne est dès lors entièrement dépourvue d'objectivité. Et il n'y a, dès lors, aucune raison de croire en elle. La finalité du "Je connais quelqu'un ..." est juste d'apporter un semblant de véracité dans ce que dit celui qui l'énonce.

Cette méthode est malheureusement fichtrement efficace, et est utilisée tant dans les pays riches que dans les pays les moins avancés, dont Madagascar. La crise actuelle est un véritable terrain d'observation de ces buzz qui ont pour but de dénigrer les partisans respectifs de Rajoelina et de Ravalomanana :

- Je connais quelqu'un qui a dit que Rajoelina a été payé tels milliards par un tel
- Je connais quelqu'un qui sait pertinemment que Ravalomanana a détourné telle somme
- Je connais quelqu'un qui a vu Pierrot Rajaonarivelo à Toamasina
- Je connais quelqu'un qui a ...

Ces propos sans recoupement, sans documents les attestant, font le bonheur des sites web partisans actuellement en ligne (dont je ne vous ferai pas la liste) et vont parfois jusqu'à défaire des amitiés, tellement les discussions sont envenimés. Tout cela parce que les Malgaches (dont je fais partie) ne réflechissent pas assez et agissent avec le coeur (cette vulgaire pompe si importante à la vie).

Sitôt que vous énoncez ces termes "Je connais quelqu'un...", prenez conscience que vous vous faites manipuler. Des hyperliens et des mails édités par l'un et l'autre des deux camps ont déjà eu leurs partisans, bêtes et écervelés, pour croire à n'importe quoi, et n'arrivent plus à réfléchir par eux-même. C'est d'une tristesse affligeante mais hélas ...

Il est vrai qu'à Madagascar, il n'y a plus de médias audiovisuels totalement objectifs et l'ampleur et la puissance des buzz est ainsi plus inquiétant. Avec les informations issues de ce genre de relais, le psyché humain est complètement désemparé. Les posts dans les forums, les commentaires dans Facebook et les autres sites communautaires, les commentaires sur ce blog (que j'ai pris soin de supprimer) en sont les manifestations.

Même en citant des sources nommées (pour un meilleur semblant de vérité), cette technique reste fallacieuse , développe les craintes et les ressentiments plus qu'autre chose.

En conclusion, actuellement, il ne faut pas tout de suite "croire" tout ce qui se dit, même dans les médias, et prendre le temps de réfléchir, de croiser les informations, pour éviter de se faire manipuler, si l'on est capable évidemment.

N.B. : L'expression "Je connais quelqu'un" peut parfois être elliptique mais est, en fin de compte, présent dans la phrase de celui qui le dit. Creusez juste un peu et vous verrez.
Par Brice SSD - Publié dans : Culture - Communauté : Madagascar
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Mercredi 11 février 2009
Avec la crise malgache qui prévaut actuellement, nous commençons à entendre depuis un certain nombre de jours le terme "majorité silencieuse". Mais qu'est-ce donc ? Je n'en fais surement pas partie parce que depuis le mois de mai, date de l'ouverture de mon blog, je n'ai cessé d'émettre mes avis sur la politique malgache. Je suis un frondeur verbal, je fais quelques analyses mais surtout, je pose des questions. J'évite au maximum de dériver vers des propos fallacieux (les biais cognitifs) et je reste fidèle à mes convictions morales et intellectuelles.

Je n'ai jamais été pour les manifestations dans les rues, et en 2002, je ne suis descendu à Analakely  qu'une fois (dans le petit bar surnommé trou à rat), pour boire une bière pendant que les manifestants s'amusaient à prier à tout bout de champ, dans un pays qui se déclare laïque. En 2009 de surcroit, je campe sur mes positions et j'évite gracieusement de me promener Place du 13 mai lorsqu'il y a des manifestations. Je n'irai pas non plus m'aventurer à Mahamasina pour montrer mon visage de "mécréant".

Dans un pays qui se déclare démocratique, les manifestations sont en principe autorisées pour revendiquer une idée ou un idéal, pas pour conquérir le pouvoir (il faut noter que les manifestations n'étaient jamais autorisés par les sbires de Ravalomanana, pour quelque raison que ce soit). Ravalomanana a eu un juste retour des choses : il est descendu dans la rue pour prendre le pouvoir, la rue se fait entendre actuellement, cacophonique certes, mais bien audible. C'est le retour logique du boomerang, car Andry Rajoelina a appris ses agissements politiques en se basant sur 1991 et 2002.

Une chose est évidente, les hommes d'affaire et les militaires ne font pas de bons politiciens, car ils pensent en premier lieu à leurs intérêts, même si, au début de leur parcours politique, ils sont animés par de bonnes intentions. Il faut juste voir les intérêts de Ravalomanana et de Rajoelina (Tiko vs. INJET), qui sont les premières motivations de leur politicaillerie respective.

La vraie majorité silencieuse est toujours déçue mais n'a jamais bronché. La vraie majorité silencieuse n'est jamais descendu dans les rues et trime toute la journée, la majorité silencieuse n'a pas de connexion Internet. Et surtout, la majorité silencieuse se contente de suivre la tendance des grandes villes. Car la vraie majorité silencieuse est oubliée. Ce sont les paysans des contrées lointaines, qui constituent 70% de la population, ce sont les mal instruits, qui ne font pas la distinction entre TIM, TGV et l'Etat (tous pareils car ils n'apportent rien en dehors des périodes de propagande). La majorité silencieuse fait l'amalgame entre tee-shirt distribués et bulletin de vote.

Hélas, la majorité silencieuse n'a pas de préceptes politiques stables. La majorité silencieuse est facilement intimidé. La majorité silencieuse se fait balloter par les TIM, les TGV, les AREMA, les Leader Fanilo, les CRN, et j'en passe. La majorité silencieuse ne connait pas les raisons de l'achat d'un Boeing 737-700. La majorité silencieuse ne comprend pas les raisons d'une manifestation de rue illégale (1972, 1991, 2002, 2009). La majorité silencieuse ne comprend tout simplement pas pourquoi ses produits ne se vendent plus (il ignore le sens véritable du terme crise).

Si ces gens qui se connectent à Internet parlent au nom de la majorité silencieuse, c'est qu'ils sont bien empathiques, mais je ne pense pas que ce soit le cas, car les gens connectés à Internet ont de l'argent pour faire autre chose que d'acheter à manger et survivre. Les gens connectés connaissent ce qu'est un ordinateur. Les gens connectés à Internet sont au courant de l'étendue du monde, qui va plus loin que la 404 bâchée du transporteur du coin.

Personne ne se soucie de la vraie majorité silencieuse, et cela depuis les années 1980. Mais malheureusement, tout le monde fait pression sur elle. Pauvre majorité silencieuse.



Par Brice SSD - Publié dans : Editorial - Communauté : Madagascar
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