Jeudi 2 avril 2009

Dans son célèbre essai, Montaigne identifie la principale difficulté à laquelle sont confrontés ceux qui étudient la culture, qui peut se résumer par cette interrogation : qui peut prétendre détenir la vérité ? Cette question dénote et explicite la différence de culture entre les individus qui évoluent au sein d'une société multifacettes.

En entreprise, cette question déborde largement du cadre philosophique. En effet, les entreprises doivent intégrer dans leur cadre organisationnel des systèmes de valeurs différentes que chaque individu apporte. Pourtant, intégré au sein de l'entreprise, l'individu ne s'identifie plus à lui-même mais à l'entreprise.

 


Définition de la culture d'entreprise

 

La culture est à l'entreprise ce qu'elle est à n'importe quel autre système social : un ensemble de croyances, de pratiques et de mythes communs à un groupe de personnes, au point qu'elles se sentent investies les unes par rapport aux autres, avec un sentiment d'appartenance. Si l'on ne tient pas compte des convictions spécifiques partagées par le personnel, on peut dire que la culture d'une entreprise est forte quand elle soude tous les employés. A l'inverse, elle est faible quand ceux-ci affichent des opinions divergentes, voire contradictoires, pour se sentir différents les uns des autres. Cette culture peut être explicite ou au contraire simplement tacite, sous-entendue.

Le concept de culture d’entreprise n’est pas récent. Depuis longtemps les chefs d’entreprise ont cherché à créer un " esprit maison ", caractérisant la spécificité de leur savoir-faire vis-à-vis des entreprises concurrentes. Dans cette première constatation, la culture d’entreprise permet à un établissement de se démarquer de ceux qui l’entourent, cependant, ce concept touche l’intérieur même de l’entreprise. Toute entreprise, quelle que soit sa taille, forme un sous-groupe social composé d’individus appartenant à une ou plusieurs cultures régionales, ethniques ou nationales. Pour assurer la cohérence de cette mosaïque, l’entreprise a besoin de créer une identité collective, qui deviendra le point de repère de tous ses membres. L’entreprise est, en effet, une zone de conflits et de tensions entre plusieurs cultures identitaires (régionales, nationales). Cette communauté économique et sociale hétérogène à besoin de cohérence pour fonctionner de façon optimale. La culture d’entreprise contribue à une vision commune de tous les salariés qui composent cette communauté. C'est ainsi que l'individu se trouve englobé et drapé dans l'identité et le mode de pensée de l'entreprise.

 


L'individu face à l'entreprise

 

Faut-il des droits et des règles identiques à des personnes différentes ou des droits différenciés pour des personnes différentes. L'entreprise répond à cette question par la culture d'entreprise. Il est primordial de pouvoir s'identifier à une image, de se baser sur des règles communes afin d'avoir la cohésion nécessaire au bon fonctionnement de l'organisation. Il se peut qu’un individu refusant les valeurs de l’organisation décide d’y rester exclusivement pour son épanouissement financier. Il ne sera alors jamais mobilisé par les discours de l’entreprise. Mais dans ce cas-là, il sera marginalisé sauf dans le cas où cet individu a un très fort esprit de leadership et engendrera de suite une modification dans la culture d'entreprise. Ce cas illustre le détachement de l'individu de l'entreprise, mais étant donné que ce cas est très rare, nous pouvons le considérer comme une exception qui confirme la règle.

Dans la majorité des cas, ceux des salariés en l'occurrence, intégrer une organisation revient à adopter une nouvelle culture. Cette intériorisation de la culture d'entreprise se fait en deux temps :

 

 

Comment se fait l'emprise de l'organisation sur l'individu

 

L'emprise de l'organisation sur l'individu se déroule sur plusieurs plans :

● Au niveau idéologique tout d'abord, la société développe une idéologie d'entreprise que ce soit pour l'usage interne (communication interpersonnelle) ou pour l'usage externe. Chaque référence de l'individu est le reflet de l'idéologie de l'entreprise autant dans les transactions que dans les négociations ou dans de simples réunions. L'individu est donc le miroir de l'organisation, une partie d'elle, un élément du système.

● Au niveau psychologique, l'individu s'identifie à l'organisation et intériorise ses objectifs et ses valeurs. Par ailleurs, l'entreprise agit comme une machine à angoisse ou au contraire une machine à plaisir, ce qui à pour conséquence d'agir sur les manières de se comporter de l'individu.

● Au niveau économique, l'organisation produit l'individu, c'est-à-dire que c'est l'entreprise qui engendre les profits et les avantages de la personne. D'un autre côté, l'individu perpétue l'entreprise en oeuvrant pour celui-ci et en engendrant des bénéfices.

 

         Ainsi, par rapport à sa culture originelle, l'individu est délesté de ses valeurs au profit de la culture d'entreprise. N'avons-nous jamais entendu cette fameuse déformation professionnelle qui s'immisce dans notre vie personnelle? L'organisation ayant une emprise tellement forte dans la conscience d'un individu, il en vient au point où la culture de l'entreprise engloutit l'individu.

La culture d'entreprise peut favoriser ou détériorer le climat social selon son utilisation. La culture peut en effet être bénéfique à la mobilisation du personnel et à son efficacité mais une culture forte et peu évolutive peut devenir une contrainte importante puisqu’elle rend difficile tout changement. L'essentiel est qu'elle laisse la liberté nécessaire à chaque individu pour qu'il puisse s'épanouir pleinement et pouvoir produire ainsi au maximum.

Par Brice SSD - Publié dans : Société - Communauté : Madagascar
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Samedi 7 mars 2009
Je l'ai déjà souligné maintes et maintes fois au cours de mes précédents articles, le fait de tout le temps évoquer un quelconque dieu pour s'expliquer d'une situation inexplicable, ou tout simplement s'excuser d'un méfait, relève de la paresse intellectuelle ou de la mauvaise foi. Il est facile de faire porter les mauvaises conséquences d'une action ou d'une décision à un être indéfini et non prouvé.

C'est là que j'admire un pan assez important de la spiritualité bouddhiste, spiritualité à tendance agnostique qui reste toujours à peu près égale à ses principes malgré plusieurs influences culturelles. Le but est tout simplement d'atteindre le Nirvana, c'est-à-dire l'extinction, et casser le cycle de la souffrance. Le devoir de chaque homme envers lui-même est donc la recherche de la non-souffrance afin de s'éteindre tranquillement. La spiritualité bouddhiste prêche l'apaisement, contrairement à plusieurs dogmes religieux qui préconisent la souffrance comme étant une préalable à une vie future après la mort, laquelle vie je ne m'y attends pas (tant pis pour moi direz-vous).

Ce qui arrive actuellement à Madagascar est désolant et c'est cela qui m'a amené à développer de manière succincte le sujet. La population tend à dire, si vous le remarquez bien, que c'est la volonté de dieu de nous faire subir une telle situation, et moi j'affirme mordicus NON. Car c'est une responsabilité conjointe de plusieurs facteurs humains dont une bonne dose d'égocentrisme et de manque de conscience, dieu n'a rien à voir là-dedans. Et qui l'évoque veut tout simplement s'excuser ou se désengager de quelque chose.

"Minoa", "minoa fotsiny ihany", "mahatokisa an'Andriamanitra". Ces propos servent plus à berner la population qu'à apporter de réelles solutions aux problèmes qui se posent. Qui édicte ces mots ont au fond d'eux-mêmes le désir de manipuler, ou tout simplement de faire taire, car qui peut bien contrer dieu ou le remettre en question, sinon un mécréant de la pire espèce qui considère l'homme comme pleine et entière, capable de se suffire à lui-même pour peu qu'il ait de la volonté.

Responsabiliser un dieu déresponsabilise l'homme, et cela n'est pas bon pour l'évolution humaine car qui dit éthique, déontologie, écologie ... dit action entièrement et totalement à la charge de l'homme humain.
Par Brice SSD - Publié dans : Editorial - Communauté : Madagascar
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Mardi 17 février 2009

Ce qui suit relate une petite histoire qui montre bien le dialogue entre les religions. Elle est facile à comprendre.

 

 


- Monsieur, je vous apporte la Bonne parole, la Parole de Jésus-Christ, celle qui fera de vous un bon chrétien

- Madame, je suis musulman, donnez-moi une seule raison qui fera de moi un chrétien.

- C’est simple : nous vous apportons la vraie parole qui sauvera le monde

- Et vous êtes certaine que votre parole est la vraie ?

- Absolument !

- Et pourquoi donc ?

- Parce qu’elle vient de la Bible !

- Je vois. Avez-vous lu au moins le Coran ?

- Ah non, Monsieur, je ne le lirai jamais, ce serait un péché !

- Et comment allez-vous me convaincre alors ?

- Parce que notre Bible est plus étoffée que le Coran, on y rencontre le fils de Dieu ! Rejoignez-nous et vous accèderez à la vraie sagesse!

- Madame, si la sagesse se mesurait par la longueur de la barbe, les boucs seraient déjà des philosophes depuis bien longtemps...

- Oh, Monsieur, où est-ce que vous allez chercher tout ça  ?

- Sans doute le dans le contenu du Coran que vous ne lirez jamais.



L'inversion des rôles de cette histoire est aussi tout à fait possible. Cette petite tirade sert juste à montrer que tant que les hommes seront bornés, les discussion inter-religieuses, et par extension celles inter-communautaires, resteront vaines. L'homme naît libre et différent de son prochain (même les jumeaux), et il n'y a qu'en acceptant et en respectant cette différence individuelle que le monde trouvera l'épanouissement.
Par Brice SSD - Publié dans : Religion
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Lundi 16 février 2009
Il est vrai que l'athéisme n'est ni une religion ni un dogme, mais il est parfois rassurant de savoir qu'on a des personnes ou des personnalités qui partagent la même vision du monde en face de soi. Ce qui n'est pas le cas pour moi actuellement. J'ai pourtant envie de partager ma vision avec des individus qui ont les mêmes opinions que moi à Madagascar.

Avant tout, il faut mentionner que la vision athée est unique et diffère en fonction de chaque personne, mais cette vision s'accorde sur un point, c'est l'absence de divinités diligentes, vision basée sur un un raisonnement humaniste et sur la conviction que l'homme est le seul responsable de ses actes et de ses agissements.

Ce qui est désolant et affligeant, c'est le fait que, en privé, plusieurs personnes partagent la même philosophie que moi mais qu'au devant de la société, ils n'osent pas s'affirmer. Ils perdent sans doute ainsi une partie non négligeable de leur personnalité. Je ne prêche pas, loin de là, mais je cherche uniquement à partager des points de vue. Je le fais déjà par le biais de mon adresse électronique, mais uniquement avec des Malgaches vivant à l'extérieur et des étranger.

Le tout est de montrer à la société malgache que la vision croyante n'est pas la seule partagée à Madagascar (chrétiens, musulmans, hindous...) mais qu'il y a une frange de la société qui se base sur le rationalisme athée. Cette démarche a pour but de favoriser la tolérance et déstigmatiser un athéisme trop souvent dénigré.

Osons décloisonner les mentalités. Car c'est uniquement de cette façon que nous réussirons à ôter cette œillère sociale qui considère que toute vision différente est destinée à la damnation, laquelle damnation n'est que la mort, la seule chose inéluctable de la vie.
Par Brice SSD - Publié dans : Religion - Communauté : Madagascar
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Dimanche 15 février 2009
Principal arme des hommes politiques mais aussi des marketeurs, bref des stratèges, la loi du "Je connais quelqu'un" est une arme d'influence bougrement efficace et intellectuellement nauséabonde. Toutes le phrases précédées de cette mention sont factuellement nulles et non avenues car elles ne sont que des discours rapportés, déracinés de la réalité de la production. Les discours du "Je connais quelqu'un" est un exemple évident de l'efficacité du buzz. Le résultat de ces propos sont soit tout à fait dithyrambiques à l'égard d'une personne, ou au contraire, totalement dénigratif. Il n'y a pas de demi-mesure. Il n'y a plus de discernement.

Essayez juste d'analyser une situation. Dès qu'une personne évoque ce type de réalité raportée, il a, de manière consciente ou non, envie de convaincre. Cette personne est dès lors entièrement dépourvue d'objectivité. Et il n'y a, dès lors, aucune raison de croire en elle. La finalité du "Je connais quelqu'un ..." est juste d'apporter un semblant de véracité dans ce que dit celui qui l'énonce.

Cette méthode est malheureusement fichtrement efficace, et est utilisée tant dans les pays riches que dans les pays les moins avancés, dont Madagascar. La crise actuelle est un véritable terrain d'observation de ces buzz qui ont pour but de dénigrer les partisans respectifs de Rajoelina et de Ravalomanana :

- Je connais quelqu'un qui a dit que Rajoelina a été payé tels milliards par un tel
- Je connais quelqu'un qui sait pertinemment que Ravalomanana a détourné telle somme
- Je connais quelqu'un qui a vu Pierrot Rajaonarivelo à Toamasina
- Je connais quelqu'un qui a ...

Ces propos sans recoupement, sans documents les attestant, font le bonheur des sites web partisans actuellement en ligne (dont je ne vous ferai pas la liste) et vont parfois jusqu'à défaire des amitiés, tellement les discussions sont envenimés. Tout cela parce que les Malgaches (dont je fais partie) ne réflechissent pas assez et agissent avec le coeur (cette vulgaire pompe si importante à la vie).

Sitôt que vous énoncez ces termes "Je connais quelqu'un...", prenez conscience que vous vous faites manipuler. Des hyperliens et des mails édités par l'un et l'autre des deux camps ont déjà eu leurs partisans, bêtes et écervelés, pour croire à n'importe quoi, et n'arrivent plus à réfléchir par eux-même. C'est d'une tristesse affligeante mais hélas ...

Il est vrai qu'à Madagascar, il n'y a plus de médias audiovisuels totalement objectifs et l'ampleur et la puissance des buzz est ainsi plus inquiétant. Avec les informations issues de ce genre de relais, le psyché humain est complètement désemparé. Les posts dans les forums, les commentaires dans Facebook et les autres sites communautaires, les commentaires sur ce blog (que j'ai pris soin de supprimer) en sont les manifestations.

Même en citant des sources nommées (pour un meilleur semblant de vérité), cette technique reste fallacieuse , développe les craintes et les ressentiments plus qu'autre chose.

En conclusion, actuellement, il ne faut pas tout de suite "croire" tout ce qui se dit, même dans les médias, et prendre le temps de réfléchir, de croiser les informations, pour éviter de se faire manipuler, si l'on est capable évidemment.

N.B. : L'expression "Je connais quelqu'un" peut parfois être elliptique mais est, en fin de compte, présent dans la phrase de celui qui le dit. Creusez juste un peu et vous verrez.
Par Brice SSD - Publié dans : Culture - Communauté : Madagascar
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Mercredi 11 février 2009
Avec la crise malgache qui prévaut actuellement, nous commençons à entendre depuis un certain nombre de jours le terme "majorité silencieuse". Mais qu'est-ce donc ? Je n'en fais surement pas partie parce que depuis le mois de mai, date de l'ouverture de mon blog, je n'ai cessé d'émettre mes avis sur la politique malgache. Je suis un frondeur verbal, je fais quelques analyses mais surtout, je pose des questions. J'évite au maximum de dériver vers des propos fallacieux (les biais cognitifs) et je reste fidèle à mes convictions morales et intellectuelles.

Je n'ai jamais été pour les manifestations dans les rues, et en 2002, je ne suis descendu à Analakely  qu'une fois (dans le petit bar surnommé trou à rat), pour boire une bière pendant que les manifestants s'amusaient à prier à tout bout de champ, dans un pays qui se déclare laïque. En 2009 de surcroit, je campe sur mes positions et j'évite gracieusement de me promener Place du 13 mai lorsqu'il y a des manifestations. Je n'irai pas non plus m'aventurer à Mahamasina pour montrer mon visage de "mécréant".

Dans un pays qui se déclare démocratique, les manifestations sont en principe autorisées pour revendiquer une idée ou un idéal, pas pour conquérir le pouvoir (il faut noter que les manifestations n'étaient jamais autorisés par les sbires de Ravalomanana, pour quelque raison que ce soit). Ravalomanana a eu un juste retour des choses : il est descendu dans la rue pour prendre le pouvoir, la rue se fait entendre actuellement, cacophonique certes, mais bien audible. C'est le retour logique du boomerang, car Andry Rajoelina a appris ses agissements politiques en se basant sur 1991 et 2002.

Une chose est évidente, les hommes d'affaire et les militaires ne font pas de bons politiciens, car ils pensent en premier lieu à leurs intérêts, même si, au début de leur parcours politique, ils sont animés par de bonnes intentions. Il faut juste voir les intérêts de Ravalomanana et de Rajoelina (Tiko vs. INJET), qui sont les premières motivations de leur politicaillerie respective.

La vraie majorité silencieuse est toujours déçue mais n'a jamais bronché. La vraie majorité silencieuse n'est jamais descendu dans les rues et trime toute la journée, la majorité silencieuse n'a pas de connexion Internet. Et surtout, la majorité silencieuse se contente de suivre la tendance des grandes villes. Car la vraie majorité silencieuse est oubliée. Ce sont les paysans des contrées lointaines, qui constituent 70% de la population, ce sont les mal instruits, qui ne font pas la distinction entre TIM, TGV et l'Etat (tous pareils car ils n'apportent rien en dehors des périodes de propagande). La majorité silencieuse fait l'amalgame entre tee-shirt distribués et bulletin de vote.

Hélas, la majorité silencieuse n'a pas de préceptes politiques stables. La majorité silencieuse est facilement intimidé. La majorité silencieuse se fait balloter par les TIM, les TGV, les AREMA, les Leader Fanilo, les CRN, et j'en passe. La majorité silencieuse ne connait pas les raisons de l'achat d'un Boeing 737-700. La majorité silencieuse ne comprend pas les raisons d'une manifestation de rue illégale (1972, 1991, 2002, 2009). La majorité silencieuse ne comprend tout simplement pas pourquoi ses produits ne se vendent plus (il ignore le sens véritable du terme crise).

Si ces gens qui se connectent à Internet parlent au nom de la majorité silencieuse, c'est qu'ils sont bien empathiques, mais je ne pense pas que ce soit le cas, car les gens connectés à Internet ont de l'argent pour faire autre chose que d'acheter à manger et survivre. Les gens connectés connaissent ce qu'est un ordinateur. Les gens connectés à Internet sont au courant de l'étendue du monde, qui va plus loin que la 404 bâchée du transporteur du coin.

Personne ne se soucie de la vraie majorité silencieuse, et cela depuis les années 1980. Mais malheureusement, tout le monde fait pression sur elle. Pauvre majorité silencieuse.



Par Brice SSD - Publié dans : Editorial - Communauté : Madagascar
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Mardi 3 février 2009
Cher Rabbi Jacob, cher Rabbi Delafon, chers imams Aeternam, chers popes philanthropes, très chers archimandrites, chers gourous, muftis, lamas, Cher Benoît, cher Dalaï, bref, monsieur le Curé,

Sachez-le, je suis croyant. Très croyant ! Croyez-moi… J’aurais jamais cru croire à ce point. C’est de famille. Conçu à la missionnaire, j’ai été élevé sous la mère supérieure, nourri, en protestant, au lait pasteurisé, puis, grâce au ciel, baptisé à la clairette de Dieu, au Saint-Emilion, à la bénédictine, à la Chartreuse, au spiritueux, je communie sous les deux espèces, à l’eau-de-vie et au pin parasol, je rends grâce à l’absinthe vierge, j’avale des chapelets et des chapelets de Jésus. De Morteau. Oui, Jésus est mort tôt, à 33 ans !

Mais attention, pas de favoritisme ! J’ai pris soin de diversifier mes croyances, on ne sait jamais, il ne faudrait pas qu’un dieu se sente délaissé.

J’ai les fois, comme on dit. Je passe d’une foi à l’autre, en toute infidélité. Il m’arrive de pratiquer plusieurs fois par jour ! J’ai même atteint des records, lors d’une année particulièrement sabbatique : exactement mille deux cent trente quatre fois, en une seule année : extension, génuflexion, prosternation ! J’étais sur les genoux…

Je suis comme le croyant de base, le chrétien des Alpes : je suis convaincu que depuis le premier rhum sur la terre, du Negrita je crois, il y a quelque part, au dessus de nos têtes, un gros alambic qui nous distille la bonne parole et nous envoie pour nous purifier l’esprit-de-vin divin.

Oh, qu’on ne se méprenne pas : pour moi, tous les dogmes sont égaux ! J’ai le feu au culte, j’ai le rite dans la peau, je prie à l’unité, je prie au kilo, je prie à la tonne, les yeux au ciel, la tête tournée vers la Mecque et les pieds tournés vers le mécréant. Grâce à Dieu, ma vie a un sens, ma voiture une essence, ma libido une excroissance et ma cave un Sancerre !

Je vis  Dieu cent à l’heure : je me prélasse avec des prélats, je vais dans des hammams avec des imams et des rabbins turcs, j’écoute de la musique religieuse orthodoxe, la musique pope, je courre les bals mosquée, les pince-messes, les défilés de prêtre-à-porter, je fredonne des tubes catholiques, pontifie à loisir, kiffe les califes, admire les émirs, je fréquente des sommités sémites, des autistes taôistes, des sous-fifres soufis, je pars en vacances en papamobile-home accompagné de sultanes occitanes en soutane fumant des gitanes mahométanes, pas au méthane, mahométanes ! J’achète des foulards islamiques chez Hermès, je vais dans les concerts ecclésiastiques où j’attrape au vol les petites calottes jetées par les évêques !

Les cardinaux des quatre coins du monde me déboussolent, je me fais des cures de curés, des piqûres d’abbaye, des grogs de synagogues, je prends des bains de Saint-Siège, je me drogue aux pagodes, me parfume aux basiliques, me grise d’églises, m’enivre aux grands livres, ashram graal sikh éthique et collégiale, curé curé rasta man, ashram graal… j’aperçois un chanoine qui traverse devant moi : c’est mon jour de chance ! J’ai eu la médaille de bonze, aux Jeux Œcuméniques de Salt Lake city, j’ai appris la moto avec le mollah Omar et je pétarade avec un camarade séfarade, ah c’que c’est naze, je bois des bières trappistes, je mange de la chaussée aux moines, j’ai même obtenu l’Aïd à domicile ! J’ai poussé des études sur les dieux gréco-romains jusqu’au niveau Bacchus + 5 ! Tous les jours, Jéhovah au bistro, Allah bonne franquette ! Pilier de bar-mitsva, les pieds sous les Tables de la loi, je me soûle de religions : je sirote des sourates, me pochtronne aux tantras, je me pinte aux versets sacrés, je m’arsouille au jus de psaume, je me camphre à la charia, je me charge au talmud. Après force méditation transcendantale et labiodentale, je m’endors dans les bras d’une doudou Hindou aux doudounes dum-dum et au culte vaudou, en chantant la Cabale du pêcheur du père Cabrel, pleurant tous les lacrima-christi de mon corps, bercé par le yin et le yang,  le ding et le dong, avec sous le bras un thermomètre au Dieu Mercure, et sur la langue un petit bout du dieu de la guerre… un Mars !

Je suis un prosélyte zélé, j’arbore tous les signes ostentatoires de mes croyances : je vais au turbin en turban, sikh et sobre, salut les kippas, je mets les voiles, j’adore les tchadors, croix de bois, croix de fer, si je mens je vais en enfer ! Je colle religieusement un Judas sur chacune de mes portes, y compris celle qui donne sur la rue, c’est une porte casher… indécrottable jusqu’au bouddhiste, je collectionne les Bouddhas noirs, les Bouddhas blancs, les Bouddhas antillais, je reste zen, je crois en l’au-delà, enfin de là-haut… ou Lao-Tseu, je n’sais plus, j’hésite, jésuite… j’ai l’esprit un peu Confucius, j’ai des diarrhées Krisna, je me roule des joints dans du papier bible, je fume indifféremment du chiite ou du sunnite, je suis un illuminé accroc aux prises de Coran, je me suis même branché sur le sectaire : liqueur de Mandarom, clair de Moon, un verre de Mormon et deux doigts de fiente- au-logis… Parfois je me dis : trop, c’est trop !

 Certains soirs de blues, je songe à me désintoxiquer : pouvoir rentrer dans un bar, sans être obligé de mettre la main au bénitier, regarder le Brahman bien en face et lui dire :
- « Servez-moi un athée bien chaud »
-« Au saint chrême, à la torah, avec une étoile, un croissant ? »
- « Non, un athée nature… avec un nuage de légèreté… »

 
VINCENT ROCA



Par Brice SSD - Publié dans : Culture
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Samedi 31 janvier 2009
Il est évident actuellement que les processus de cheminement politique à Madagascar soient étroitement liés à la divinité, chrétienne surtout car il est souvent évoqué le nom de Jésus. Et c'est là que le bât blesse. Toucher à la spiritualité revient à évoquer la base de vie même de plusieurs centaines de milliers d'individus qui ne peuvent révoquer la transcendance de la parole divine, ou des propos religieux pour être plus pragmatique. Il serait alors difficile pour eux de remettre en question tout un pan de discours. Nous avons remarqué cela en 1991, en 2002 et encore actuellement avec la crise qui prévaut. Tous les côtés se revendiquant religieux et garants de la bonne foi (le mot d'esprit ici n'est pas exprès) et les effets d'entraînement s'en trouvent ainsi grandement facilités.

Un athée a l'avantage de prendre les discours religieux au même niveau que le discours politique, qui pourra donc être remise en cause, et là, la donne change complètement. L'influence des politiciens usant du stratagème religieux est donc considérablement amoindri, ce qui s'avère avantageux pour analyser les situations d'enrôlement idéologiques.
Par Brice SSD - Publié dans : Politique - Communauté : Madagascar
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Samedi 31 janvier 2009
Dieu, qu'il soit un postulat, une hypothèse ou un artifice, voit son existence déterminée d'abord par son utilité. Que les dieux aient été façonnés dans une glaise antique ou gravés dans la pierre, leurs traits fréquemment anthropomorphes en ont fait les serviteurs des ambitions politiques. Discuter de son utilité est un premier pas vers l'explication de la pérennité de la notion de dieu. L'utilitarisme des dieux assure leur longévité mieux que toute tentative de démonstration de leur existence sachant que les opinions divergent sur la validité du recours à la preuve en ce domaine. Un dieu devenu inutile ne saurait demeurer longtemps dans son inaction et glisserait progressivement vers le panthéon des divinités passées, finies, oubliées du fait de fonctions périmées ou ne répondant plus à la demande d'un marché volatil. A quoi bon Chaac, Zeus ou Râ ? Rendus obsolètes par la concurrence monothéiste, d'innombrables vains démiurges ont perdu leur cour pour trouver asile dans les musées ou finir auscultés sous le scalpel des anthropologues.

Une des priorités d'un gouvernement étant la conservation de sa propre situation, la mise à sa disposition de la menace divine par les clercs a souvent été convoitée. Dans la pratique, la distance entre les autorités publique et religieuse a été variable, chacun tentant de mettre la main sur l'autre ou de se prémunir de sa convoitise mais quelle qu'ait été leur relation et leur méfiance réciproque, l'Église catholique a, de façon constante, assuré un rempart contre les activités révolutionnaires : "Quelles que fussent les injustices, les oppressions, les rapines des souverains, ou religieux, ou hypocrites, les prêtres eurent soin de contenir leurs sujets. Ne soyons point non plus étonnés de voir tant de princes, incapables ou méchants, soutenir à leur tour les intérêts d'une religion, dont leur fausse politique avait besoin, pour soutenir leur autorité." (Paul Henri Dietrich baron D'Holbach, Le christianisme dévoilé, chapitre 14). L'institution romaine l'a d'ailleurs souvent exprimé dans ses temples. A Paris, une proportion élevée des églises catholiques présente des signes de ressentiment contre les épisodes révolutionnaires qui ont secoué la capitale, qu'il s'agisse de la grande révolution de 1789, du soulèvement de juin 1848 ou de la Commune de 1871. Comme "le sang des martyrs est la semence des chrétiens" (Tertullien), l'individu n'a pas à être libéré de ses entraves mais doit souffrir en silence et accéder au martyre. La douleur est belle mais la révolte est honnie. Pour cela, l'ordre catholique s'appuie sur une forte hiérarchie des obéissances : l'individu doit être soumis à son maître, à son gouvernement, pas de rébellion contre l'État tant qu'il respecte la religion. L'exhibition d'un dieu qui enseigne la résignation et le refus de la révolte servira donc d'autant mieux la domination de quelques uns sur l'ensemble, d'où la collaboration des clercs avec le roi, le dictateur, le président d'une démocratie ou le sultan, une collusion moquée finement, dans cette dernière situation, par Kateb Yacine dans La poudre d'intelligence.

Dieu n'est finalement bon qu'à une chose : assagir le peuple, le persuader de la vanité de toute tentative d'agir sur le cours des choses, présenter l'émancipation comme un mirage pour, au contraire, enfermer l'individu dans la résignation, la stérilité de la prière et l'attente docile d'un au-delà rassurant. N'étant donc pas complètement bon à rien, Dieu s'avère cependant mauvais en tout : en justice, en égalité entre tous, en amitié entre les peuples, en science. Dieu est ce que ses interprètes souhaitent qu'il soit. La mascarade ne perdure que par l'intérêt qu'y ont les puissants; Dieu les couvre de l'aura de son autorité suprême. Aujourd'hui, le droit divin ne dispose plus vraiment de monarchies où s'insérer mais quelques démocraties fournissent matière à sa reformulation. Le lien tranché le 21 janvier 1793 entre le pouvoir capétien et l'autorité divine ne l'aura été que dans la forme et la recherche d'une verticalité qui court-circuite l'individu motive toujours quelques ambitions personnelles où affleure la tentation autoritaire.

Face à l'acoquinement des deux ordres, une séparation respectueuse ne saurait suffire tant que l'essence de la religion demeure. La formation d'une religion obéit moins à la satisfaction de besoins spirituels qu'à la nécessité de régenter les aspirations individuelles émancipatrices. Espérer qu'une religion puisse être confinée à la sphère privée, et que s'effacent ses prétentions politiques, n'est que chimère. On ne construit pas des temples, des églises, des mosquées, des pyramides ou des pagodes sans qu'un pouvoir politique n'y trouve son intérêt.



 (www.atheisme.org).

Par Brice SSD - Publié dans : Religion - Communauté : Madagascar
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Mercredi 28 janvier 2009
Mahavalalanina sy mahamenatra ny zava-mitranga ankehitriny eto amin'ny tany sy ny firenena malagasy. Aiza no asiana ny eritreritra amin'izao zava-mitranga izao? Ao moa ny manankina ny toe-draharaha amin'andriamanitra. Fa ny zavatra tokony hambara sy hodradradradraina mafy dia olona nofo sy rà no nahatonga izao zava-mitranga izao.

Tsy fanafaizana avy any an-danitra izao na sazy mihatra avy any amin'ny tsy taka-maso fa hadalan'olombelona tsy misaina ka nitarika korontana sy horohoro eo amin'ny fiaraha-monina. Iza no diso? Tsy misy diso hono ny ankolafin-kery rehetra.

Mampalahelo ny fanorantantsika ny tantaran'ny Madagasikara.

Par Brice SSD - Publié dans : Editorial - Communauté : Madagascar
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