Principal arme des hommes politiques mais aussi des marketeurs, bref des stratèges, la loi du "Je connais quelqu'un" est une arme d'influence bougrement efficace et intellectuellement
nauséabonde. Toutes le phrases précédées de cette mention sont factuellement nulles et non avenues car elles ne sont que des discours rapportés, déracinés de la réalité de la production. Les
discours du "Je connais quelqu'un" est un exemple évident de l'efficacité du buzz. Le résultat de ces propos sont soit tout à fait dithyrambiques à l'égard d'une personne, ou au contraire,
totalement dénigratif. Il n'y a pas de demi-mesure. Il n'y a plus de discernement.
Essayez juste d'analyser une situation. Dès qu'une personne évoque ce type de réalité raportée, il a, de manière consciente ou non, envie de convaincre. Cette personne est dès lors entièrement
dépourvue d'objectivité. Et il n'y a, dès lors, aucune raison de croire en elle. La finalité du "Je connais quelqu'un ..." est juste d'apporter un semblant de véracité dans ce que dit celui qui
l'énonce.
Cette méthode est malheureusement fichtrement efficace, et est utilisée tant dans les pays riches que dans les pays les moins avancés, dont Madagascar. La crise actuelle est un véritable terrain
d'observation de ces buzz qui ont pour but de dénigrer les partisans respectifs de Rajoelina et de Ravalomanana :
- Je connais quelqu'un qui a dit que Rajoelina a été payé tels milliards par un tel
- Je connais quelqu'un qui sait pertinemment que Ravalomanana a détourné telle somme
- Je connais quelqu'un qui a vu Pierrot Rajaonarivelo à Toamasina
- Je connais quelqu'un qui a ...
Ces propos sans recoupement, sans documents les attestant, font le bonheur des sites web partisans actuellement en ligne (dont je ne vous ferai pas la liste) et vont parfois jusqu'à défaire des
amitiés, tellement les discussions sont envenimés. Tout cela parce que les Malgaches (dont je fais partie) ne réflechissent pas assez et agissent avec le coeur (cette vulgaire pompe si importante
à la vie).
Sitôt que vous énoncez ces termes "Je connais quelqu'un...", prenez conscience que vous vous faites manipuler. Des hyperliens et des mails édités par l'un et l'autre des deux camps ont déjà eu
leurs partisans, bêtes et écervelés, pour croire à n'importe quoi, et n'arrivent plus à réfléchir par eux-même. C'est d'une tristesse affligeante mais hélas ...
Il est vrai qu'à Madagascar, il n'y a plus de médias audiovisuels totalement objectifs et l'ampleur et la puissance des buzz est ainsi plus inquiétant. Avec les informations issues de ce genre de
relais, le psyché humain est complètement désemparé. Les posts dans les forums, les commentaires dans Facebook et les autres sites communautaires, les commentaires sur ce blog (que j'ai pris soin
de supprimer) en sont les manifestations.
Même en citant des sources nommées (pour un meilleur semblant de vérité), cette technique reste fallacieuse , développe les craintes et les ressentiments plus qu'autre chose.
En conclusion, actuellement, il ne faut pas tout de suite "croire" tout ce qui se dit, même dans les médias, et prendre le temps de réfléchir, de croiser les informations, pour éviter de se faire
manipuler, si l'on est capable évidemment.
N.B. : L'expression "Je connais quelqu'un" peut parfois être elliptique mais est, en fin de compte, présent dans la phrase de celui qui le dit. Creusez juste un peu et vous verrez.
Par Brice SSD
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Publié dans : Culture
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Comme tu expliques dans ton sujet , cet art est pratiqué par les "sophistes" de tout genre ,qu'on appelle communément à Madagasikara " mpikobaka " et autres " mpanao lainga tsara lahatra".....
Ce qui est désolant et grave ,c'est que beaucoup de cerveaux malagasy sont rendus disponibles pour des conneries de tout genre , celles qu'on nous gave à longueur de journée sur les ondes (radio -télé confondues) et qui laissent peu de place pour les reflexions (action) .Partant de là ,il est très facile pour les experts es manipulations de creuser leur sillon en installant dans ces cerveaux un logiciel unique , le leur......
Par ailleurs , je pense que les lacunes de nos éducateurs, par manque de moyens certainement , contribuent aussi à cette paupérisation intellectuelle galopante.Mais nous sommes à l'heure d'internet , l'ouverture est possible ,je ne deséspère pas ( sauf si la connexion dans un cybercafé ne sert qu'à tchater en utilisant le langage SMS).