Dimanche 26 avril 2009
Petrarque a un jour déclaré : "La raison parle et le sentiment mord". Avec humour, je vous dirai ici donc qu'étant partisan de la non-violence, j'évite de mordre, par n'importe quel moyen, et corollairement, j'évite aussi de me faire mordre. Cette affirmation de Petrarque est insensé me direz-vous, mais en fait, elle rend bien la réalité humaine.

Si la connaissance a contribué à l'évolution de l'homme, les soi-disants sentiments qu'il éprouve menèrent souvent à sa destruction ou à son implosion. On peut parler
ici tant de l'homme en tant qu'individu que de l'Homme en tant que groupe humain. Toujours dans ce fil d'idée depuis longtemps, je n'ai jamais attaché grande importance à ces manifestations psychologiques qui nous lient aux êtres qui nous entourent, j'aime plutôt à admettre que c'est plus un besoin de sécurité qui nous pousse à rester en groupe.

Psychologiquement, le sentiment est assez difficile à cerner, mais globalement, on peut dire que c'est une réponse à un stumulus qui provoque chez quelqu'un une émotion, se manifestant par une combinaison d'activations physiologiques et d'expressions comportementales.  Les sentiments peuvent être positifs ou négatifs mais la plupart du temps, il s'agit d'expérience subjective, c'est-à-dire une impression. A en croire les psychothérapeutes, c'est surtout l'incapacité à contrôler ces sentiments qui provoquent le plus les troubles mentaux. Ceci expliquant cela, ressentir trop de sentiment est donc d'une certaine manière vide de sens, car ce n'est finalement que la réponse à plusieurs stimuli que le corps de chacun interprète à sa manière. 


Et s'il m'arrivait un jour d'être submergé de sentiments (cela est-il déjà arrivé? Je ne vous le dirai pas), j'évite au maximum d'y prêter attention, conscient des "troubles" que cela peut provoquer dans mon existence rationnelle. Cette repulsion envers la subjectivité autonyme est motivée par la présomption d'une perte de contrôle dans le cas échéant.

A en croire les gens, je n'ai pas de coeur. Mais comme je le dis toujours, le coeur n'est qu'une pompe, fortement influencé par l'esprit certes, mais qui ne raisonne pas.

Et comme je le dis toujours, vive la belle vie !


Réponse de Sitraka :

Je ne vais pas faire un étalage de connaissance mais je vais tout simplement écrire ce que le dictionnaire de la psychologie dit à propos des sentiments :

Sentiment : état affectif complexe, combinaison d’éléments émotifs et imaginatifs, plus ou moins clair, stable, qui persiste en l’absence de tout stimulus. Les causes de ce phénomène plus durable que l’émotion et moins violent que la passion peuvent être d’ordre intellectuel, moral ou affectif : les sentiments esthétiques et religieux, la sympathie, l’admiration, le ressentiment, l’orgueil, la honte, etc…, répondent à cette définition. Ce sont des phénomènes psychiques conscients qui colorent affectivement nos perceptions et influencent nos conduites. Les sentiments sont liés aux tendances profondes de l’individu, à ses pulsions, à ses désirs satisfaits ou frustrés. Les psychanalystes parlent (d’une façon impropre, car les sentiments sont des états conscients) de sentiment inconscients de culpabilité, d’infériorité, etc.. ; Il s’agit de réactions émotionnelles subconscientes, auxquelles l’individu ne permet pas de s’exprimer librement et qui se manifestent par des mécanismes substitutifs comme la dépression (à la place de la colère) ou d’autres symptômes névrotiques et psychosomatiques.

Donc par interpolation, tout le monde a un sentiment, à moins d’être mort ou sans vie. On ne peut pas se retrancher dans son univers morbide et vivre dans la solitude de ses rêveries ou bien dans un déterminisme organique


Excipit de SSD Dago


Déterminisme organique! Merci pour la remarque, fine et précise. J'attendais cette remarque depuis un certain temps pour véritablement dévoiler mes intentions en rédigeant cet article. Mes gaucheries étaient basées sur un repli sur soi qui m'a permis de porter ma reflexion plus loin que les influences des sentiments à un moment où il faut l'avouer, j'en étais submergé. Cet article est un pied de nez que je me suis fait à moi-même. L

Loin de moi l'idée donc de "subir" un déterminisme organique comme vous le dites, et l'hédoniste que je suis en est tout à fait incapable. Ce que je ne puis admettre par rapport à mon propre esprit, c'est la perte de contrôle. Et ma sensibilité naturelle finalement me réserve parfois de mauvaises surprises.

Tout à fait d'accord avec vous avec toutes les explications de Sitraka malgré les lacunes de la psychanalyse, on perd nos sentiments à la mort. L'essentiel pour moi est d'en contrôler l'intensité par un travail intellectuel adapté sans toutefois les étouffer.
Par Brice SSD - Publié dans : Editorial
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Commentaires



point de vue (et sujet) qui m'interesse particulièrement SSD! tellement que je me permets de te demander de le développer un peu plus. Si tu peux STP t'étaler un peu sur la partie "destruction", si tu peux (me permets de te tutoyer); tu dis que les sentiments mènent SOUVENT la personne qui l'éprouve à sa destruction. J'aimerais aussi, si c'est pas trop indiscret et si ce n'est pas trop te demander, savoir comment se passe une "vie sans coeur", concrètement? Lauryn.
Commentaire n°1 posté par lauryn le 07/05/2009 à 10h43
Mégalomanie, jalousie, convoitise, intégrisme, irrascibilité, racisme, peur, soumission et j'en passe... Tous ces sentiments ne relèvent pas de la raison humaine mais juste des "sentiments" et ce sont là les maux de la Terre. Tu me demandes comment on peut vivre sans coeur? Tout simplement en le considérant comme une pompe et non comme une laisse qui nous tient par le bout du nez.

Au fait, on ne vit pas "sans coeur" car on a tous un coeur, mais ce n'est là qu'un organe (certes primordial) qui ne pense pas car il ce n'est pas un centre de reflexion.

Il y a dans la vie ce qu'on appelle la voie du juste milieu, et pour y aboutir, il nous faut la raison et non le sentimentalisme.

une seule chose doit gouverner l'esprit, comme je le dis toujours, le respect!
Réponse de Brice SSD le 09/05/2009 à 10h14
Ca y est tu es déjà submergé par un sentiment quand tu dis:" Vive la belle vie ".En jouissant de cette beauté là ,tu as suspendu ,ne serait-ce que temporairement toute pensée rationnelle et tu te rends compte que cette suspension temporaire est necéssaire et vitale pour apprécier cette vie.
Commentaire n°2 posté par Bodo le 08/05/2009 à 21h58
Oh pour moi elle est juste belle tant qu'elle ne me cherche pas noise avec des problèmes aussi humaines que la confusion de sentiments, je préfère être bête! :-D
Réponse de Brice SSD le 09/05/2009 à 10h08
Commentaire n°3 posté par Bodo le 10/05/2009 à 23h45
Bonjour,
Blog intéressant. Félicitations.
A propos des émotions, je suis d'accord avec vous, le coeur est un organe moteur. Mais là où nos avis divergent, c'est que je ne peux pas concevoir que celles-ci soient inutiles ou même néfastes. Loin de là, étant des stimula, les émotions sont utiles à vos projections et vous aident à aller de l'avant et d'affirmer votre personnalité. Le manque de spontanéité lié aux sentiments est également une pathologie à prendre au sérieux.
Commentaire n°4 posté par Leila le 29/05/2009 à 17h30

Je ne vais pas faire un étalage de connaissance mais je vais tout simplement écrire ce que le dictionnaire de la psychologie dit à propos des sentiments :

Sentiment : état affectif complexe, combinaison d’éléments émotifs et imaginatifs, plus ou moins clair, stable, qui persiste en l’absence de tout stimulus. Les causes de ce phénomène plus durable que l’émotion et moins violent que la passion peuvent être d’ordre intellectuel, moral ou affectif : les sentiments esthétiques et religieux, la sympathie, l’admiration, le ressentiment, l’orgueil, la honte, etc…, répondent à cette définition. Ce sont des phénomènes psychiques conscients qui colorent affectivement nos perceptions et influencent nos conduites. Les sentiments sont liés aux tendances profondes de l’individu, à ses pulsions, à ses désirs satisfaits ou frustrés. Les psychanalystes parlent (d’une façon impropre, car les sentiments sont des états conscients) de sentiment inconscients de culpabilité, d’infériorité, etc.. ; Il s’agit de réactions émotionnelles subconscientes, auxquelles l’individu ne permet pas de s’exprimer librement et qui se manifestent par des mécanismes substitutifs comme la dépression (à la place de la colère) ou d’autres symptômes névrotiques et psychosomatiques.

Donc par interpolation, tout le monde a un sentiment, à moins d’être mort ou sans vie. On ne peut pas se retrancher dans son univers morbide et vivre dans la solitude de ses rêveries ou bien dans un déterminisme organique

Commentaire n°5 posté par sitraka le 13/10/2009 à 11h55
Déterminisme organique! Merci pour la remarque, fine et précise. J'attendais cette remarque depuis un certain temps pour véritablement dévoiler mes intentions en rédigeant cet article. Mes gaucheries étaient basées sur un repli sur soi qui m'a permis de porter ma reflexion plus loin que les influences des sentiments à un moment où il faut l'avouer, j'en étais submergé. Cet article est un pied de nez que je me suis fait à moi-même. Loin de moi l'idée donc de "subir" un déterminisme organique comme vous le dites, et l'hédoniste que je suis en est tout à fait incapable. Ce que je ne puis admettre par rapport à mon propre esprit, c'est la perte de contrôle. Et ma sensibilité naturelle finalement me réserve parfois de mauvaises surprises.

Tout à fait d'accord avec vous avec toutes les explications malgré les lacunes de la psychanalyse, on perd nos sentiments à la mort. L'essentiel pour moi est d'en contrôler l'intensité par un travail intellectuel adapté sans toutefois les étouffer.
Réponse de Brice SSD le 21/10/2009 à 09h28
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