A entendre tous ces enflés de la scène politique malgache, le peuple est uni derrière chacun d'eux. Que je risse. Je suis un Malgache et je ne me suis jamais senti autant hors de leurs propos
qu'à cette heure où je vous écris. Ce terme, PEUPLE, du latin populus, renvoie à un groupe uni par la même nationalité. Prosaïquement donc, ce terme ne renferme aucune connotation
politique. Force est de constater pourtant que l'utilisation du mot se fait au gré des contextes. On entend quelque part que le peuple est la majorité qui a élu tel candidat. On entend autre part
que le peuple est l'ensemble des individus qui ont manifesté ici ou là.
Le mot peuple est tellement galvaudé qu'il en perd son sens premier. Je suis Malgache, mais désormais, je ne me sens plus faire partie d'un quelconque peuple. Actuellement, nous avons un peuple
soumis à telle mouvance politique, et un autre peuple assujetti à telle personne. Et le reste, où les place-t-on? Déduction logique, ceux qui n'ont pas d'opinion politique, ou ceux qui s'en
foutent ne font plus partie du peuple. De ce fait, on ne fait plus partie du processus démocratique (un autre terme tout aussi pourri actuellement). Bref, comme le disait Victor Hugo, quand
le peuple sera intelligent, alors seulement le peuple sera souverain. A Madagascar, la politique est encore entre les mains d'une bande de rapias richissimes et nombrilistes.
49 ans d'indépendance et toujours aussi bêtes. Les Malgaches (le peuple) ont le don de choisir (par n'importe quel moyen) des individus qu'ils n'arrivent même pas à cerner. Mais comme on dit, le
chef est le reflet du reste. Bon sang de putain de vos dieux, je n'espère plus rien dans ce pays, je me contente d'y vivre. Bien que j'adore y être, j'arrête de vilipender contre ces gens qui se
disent patriotes et qui sont responsables de MA situation économique désastreuse. J'en ai ras la patate de réfléchir sur leur avenir propre en se servant d'autres hommes comme échafaud d'accès au
pouvoir. Dommage juste qu'il faille encore que je paie mes taxes (histoire de ne pas être emmerdé).
Faites-moi juste signe quand arrivera le temps d'intégrer de nouveau le peuple malgache. Entretemps, je vogue entre les réflexions atones et les propos ineptes de nos politiciens. Je ne suis plus
qu'un Malgache, je ne suis plus le peuple.
Par Brice SSD
1
-
Recommander
Il est évident actuellement que les processus de cheminement politique à Madagascar soient étroitement liés à la divinité, chrétienne surtout car il est souvent
évoqué le nom de Jésus. Et c'est là que le bât blesse. Toucher à la spiritualité revient à évoquer la base de vie même de plusieurs centaines de milliers d'individus qui ne peuvent révoquer la
transcendance de la parole divine, ou des propos religieux pour être plus pragmatique. Il serait alors difficile pour eux de remettre en question tout un pan de discours. Nous avons remarqué cela
en 1991, en 2002 et encore actuellement avec la crise qui prévaut. Tous les côtés se revendiquant religieux et garants de la bonne foi (le mot d'esprit ici n'est pas exprès) et les effets
d'entraînement s'en trouvent ainsi grandement facilités.
Un athée a l'avantage de prendre les discours religieux au même niveau que le discours politique, qui pourra donc être remise en cause, et là, la donne change
complètement. L'influence des politiciens usant du stratagème religieux est donc considérablement amoindri, ce qui s'avère avantageux pour analyser les situations d'enrôlement
idéologiques.
Par Brice SSD
3
-
Recommander
Existe-t-il une démocratie à Madagascar? Au vu de la Constitution (récemment modifiée pour des raisons qui m'échappent encore), nous le sommes à 100% car notre Chef
de l'Etat a été élu au suffrage universel et le Parlement est aussi issu du vote populaire. Ce qui est étonnant, c'est que le processus sous-jacent du processus électoral fait que l'on se
retrouve avec une large majorité, largement acquise eu Président de la République (excusez de la répétition), avec une opposition moribonde, voire quasi-inexistante.
Ce serait se voiler la face que de dire que je ne parle pas politique, mais il faut dire une chose, je ne suis ni pour les dirigeants, ni pour les hommes de l'opposition, je suis juste forcé de
constater qu'il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans ce pays.
Là où le bât blesse véritablement, c'est dans l'information de la masse populaire, laborieuse et paradoxalement démuni (qui n'est pas un vrai paradoxe d'ailleurs). Les priver d'information les
privent du même coup de la capacité d'analyse permettant d'appréhender dans son état la situation qui prévaut et ne subsistera alors dans la tête des gens qu'une vision étriquée de la réalité.
Alfred Sauvy, économiste et sociologue de son état, a déclaré un jour : "Bien informés, les hommes sont des citoyens, mal informés, ils deviennent des sujets". Cette citation marque bien
l'état des lieux qui prévaut à Madagascar, car la chaîne nationale, seule légalement habilitée à diffuser sur tout le territoire national, est à tendance subjective.
Est-ce de la démocratie? Objectivement, Madagascar ne peut pas encore y prétendre, il faut encore laisser le temps aux riches de s'enrichir avant que la véritable démocratie ne naisse, à moins
qu'il ne faille former des intellectuels en sciences politiques. Le reste suivra logiquement.
Par Brice SSD
2
-
Recommander
L'Exécutif malgache a fait passé une loi au Parlement pour remodeler complètement le système éducatif malgache pour, selon le Président Marc Ravalomanana, faciliter
l'apprentissage. La langue malgache deviens donc la langue d'enseignement pour le cycle primaire qui dure désormais sept ans.
La politique en elle-même est fort louable et nécessaire pour une avancée dans l'éducation des enfants malgaches, mais ce qui m'inquiète, c'est l'absence
d'une étude préalable. L'étude de la modification d'un archi-système de ce genre nécessite plusieurs années de recherches impliquant universitaires, pédagogues, techniciens et bien sûr
académiciens. Ceci est primordial parce que, contrairement aux autres langues officielles de la République de Madagascar (c'est-à-dire le français et l'anglais), la langue malgache est encore
bien trop jeune et n'a pa encore intégré les faits et réalités scientifiques, techniques et litteraires qui doivent être enseignés à nos chérubins. L'intégration de ces éléments n'est pas encore
effectuée que déjà, on s'achemine vers la malgachisation.
Je dis cela car il ne faut pas oublier quelque chose, la mondialisation. Une malgachisation mal négociée reviendrait à recommencer l'erreur des dirigeants socialistes de 1975.
Les Catholiques ont réfusé la réforme et je les comprend car leur système est performant par rapport à l'enseignement public, mais aussi en attendant que la malgachisation fasse ses preuves, ou
subisse un échec. L'avenir nous le dira mais il faut savoir une chose, IL NE FAUT JAMAIS MELER VITESSE ET PRECIPITATION sinon c'est la débandade.
Par Brice SSD
2
-
Recommander
La déclaration de SEM Gildas le Lidec, malheureux ambassadeur éphémère de France à Madagascar, a surpris plus d'un lors de la réception à l'occasion de la Fête
Nationale française le 14 juillet dernier. Il a annoncé sans équivoque et non sans un certain sarcasme, son départ, décidé par le Quai d'Orsay, parce que que le Président de la République
malgache ne lui a pas accordé la moindre chance d'exercer ses fonctions.
Se pose alors la question, le Président de la République malgache a-t-il pris conscience de son acte depuis longtemps? Personne ne le sait vraiment car aucune
déclaration officielle émanant du gouvernement n'a été publié. Des rumeurs et des suppositions ont bien évidemment été émis pour expliquer ce départ précipité mais nous n'en tiendrons pas rigueur
car ce n'est pas de notre ressort de les interpréter.
Nous sommes pourtant en mesure d'évoquer des supputations sur ces raisons. Y-a-t-il un rapport avec le fait que notre actuel ambassadeur en poste au 4, avenue Raphaël , SEM Narisoa Rajaonarivony,
ait mis plusieurs mois avant d'être accrédité par la Présidence de la République française? Si c'est véritablement le cas, ce serait d'une bassesse d'esprit déplorable. Car il faut savoir que le
délai en question était normal étant donné le contextee (période post éléctorale oblige) et que huit autres ambassadeurs ont reçu leur lettre de créance en même temps que notre ambassadeur, dont
certains étaient en poste depuis six mois.
Il y a une autre raison qui pourrait motiver ce départ précipiter. Gildas le Lidec est réputé être un fin renard en terme de diplomatie. Il a d'ailleurs été en poste en Côte d'Ivoire ou encore au
Congo Kinshasa lors des périodes de crise qui ont touché ces pays.
A part ces raisons possibles (et non probables, nuance), il y a ceux qui affirment que ce "renvoi" est le corollaire de la reconnaissance trop tardive de Ravalomanana par la France en 2002.
Je ne critique pas les choix du Président Ravalomanana, il a ses raisons, que nous ignorons évidemment, mais qui en tiendra rigueur, c'est peut-être dans ses habitudes de ne pas informer ses
concitoyens, ses électeurs.
Une chose est sûre, Gildas le Lidec a été victime d'ostracisme de la part de l'Exécutif malgache et notemment le Président. De ce fait, il n'a pu faire ses preuves et a dû quitter, amer, notre
pays si hospitalier.
Monsieur l'Ambassadeur, nous n'avons aucune rancoeur contre vous mais notre représentant officiel, SEM M. Marc Ravalomanana, ne vous porte pas dans son coeur, et qui sait, c'est peut-être pour le
bien de Madagascar qu'il a pris cette décision. Ce qui est dommage, c'est que nous n'avons pas pu apprécier vos compétences et votre savoir-faire.
Nous apprécions cépendant votre sourire lors de la soirée offerte à l'Alliance Française d'Andavamamba le 14 juillet dernier. Bonne route Monsieur l'Ambassadeur, et que le destin vous emmène sous
des cieux plus cléments.
Je vous suggère de lire ce lien intéressant tiré du Figaro
Par Brice SSD
0
-
Recommander
Mes chers lecteurs, mon désir le plus profond est de rédiger cet article dans ma langue maternelle, mais néanmoins, je voudrais partager ma vision avec les
non-Malgaches.
Madagascar a officiellement acquis son indépendance le 26 juin 1960. 48 ans donc que la Grande Ile est souverain, politiquement du moins car il y a une chose qu'il faut admettre, Madagascar
dépend encore trop des ressources financières étrangères. J'admets aisément que des efforts sont entrepris mais avance-t-on sur la bonne voie.
Dans la psychologie humaine, quelque chose de donné a de loin moins de valeur que ce qui est gagné avec souffrance. Et je pense que la Nation fonctionne de la même manière. Donc, en fin de
compte, trop d'aide nuit à la bonne marche de la société. Il faut savoir que la plupart des aides que nous obtenons est remboursable à taux réduit mais à rembourser tout de même.
Mais comment pourrions-nous faire autrement me demanderiez-vous? Franchement, je ne sais pas, et c'est là que nos érudis et nos intellectuels devraient entrer en scène. Je ne parle pas ici des
opérateurs économiques (leur rôle est de faire de l'argent), ni les intellectuels étrangers, mais les universitaires et les sortants de grandes écoles locaux. Leur avantage est qu'en plus de leur
connaissance de la situation, ils ont forgé leur connaissance ici-même. Il leur est donc possible de proposer un modèle économique réaliste, et j'insiste sur le mot réaliste.
Car depuis 48 ans, nous comptons toujours sur les étrangers, et remarquez bien, une grande partie des ressources vont ailleurs sans qu'on en profite vraiment. Bien entendu que cela génère des
emplois, mais à part ça? Marc Ravalomanana a bien réussi en empruntant auprès de la Société Financière Internationale, qu'il a d'ailleurs réussi à rembourser. Je pourrai aussi citer la famille
Ramaroson ou encore Andry Rajoelina propriétaire de sociétés à capitaux majoritairement malgaches).
Le tout est d'oser, et prier que l'on ne vous mette pas les bâtons dans les roues.
SOYONS MAÎTRES SUR NOTRE PROPRE TERRAIN.
Par Brice SSD
1
-
Recommander