Cinéma & Télévision

Dimanche 5 octobre 2008
Il est toujours amusant d'écouter les remarques du metteur en scène Henri Randrianierenana lorsqu'il émet des remarques dans l'émission Pazzapa 6, diffusée sur RTA. J'ai quelques notions en mise en scène mais il faut dire que ses propos sont de très haute voltige car ils englobent à la fois l'aspect communicationnel, l'aspect psychologique et l'aspect technique, tout cela d'une manière subtilement nuancée. C'est d'ailleurs pour cela que je n'arrive pas à saisir ses dires, car tout est bien trop ésotérique.

Ce qui m'étonne un peu, c'est l'absence d'une logique stricte de technicien dans ses propos. Il est vrai que c'est une émission destinée au grand public mais dans son envolée lyrique, on se croirait plus à une séance de massacre verbale qu'à un octroi de conseil. Normalement, les pazzapaien(ne)s devraient sortir grandis ou au moins éclairés (comme c'est le cas quand les autres membres du jury parlent), mais bizarrement, tout le monde reste dans le flou.

En tout cas, c'est amusant de voir les pazzapaien(ne)s se faire descendre par ce joyeux énergumène, car outre les grands mots, il y a l'image d'un metteur en scène cuistre et fier.
Par Brice SSD
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 25 mai 2008
La chaîne de télévision tananarivienne Viva TV (727 MHz / 757 MHz) s'est depuis récemmnet lancé le défi de faire un immense casting sous la forme d'une émission de télé-réalité : VIVASTAR. Le but est de recruter des animateurs, des stylistes, des chanteurs et tout une pléiade d'autres métiers liés au show-business.

Le principe de départ de ces émissions de télé-réalité est d'attirer le maximum de téléspectateurs en faisant fi des critères qualitatifs dans le recrutement. Il faut juste du spectacle. Plus il y a de bêtises, plus les téléspectateurs adhèrent, puis évidemment, il y a un phénomène d'identification qui se crée entre les candidats et le public. De ce fait, il est donc essentiel de se démarquer des autres émissions de télé-réalités pour éviter une monotonie fatale à ces types d'émissions. De ce côté là, Viva a complètement raté son pari. Voulant prendre sur l'émission déjà célèbre de sa concurente, Pazzapa (produite par la RTA), Viva n'innove sur aucun point. Il n'y a même pas de véritable bétisier, donc l'émission devient rapidement ennuyeuse.

Un autre mauvais point pour l'émission est le bilinguisme mal maîtrisé. Annonces en français, présentations en français et des candidats qui ne savent pas s'exprimer en français, cocktail détonant? Non, juste un petit pétard mouillé qui ridiculise la chaîne toute entière. A Madagascar, lorsqu'une émission se veut être populaire, la langue française devient vite une barrière car elle n'est maîtrisée que par une frange très faible de la population, à moins que Viva n'ait voulu faire une ségrégation. Il y a bien des gens qui parlent en malgache mais c'est juste faute de n'avoir pas su s'exprimer dans la langue de Molière.

Il ne faut jamais rôter plus haut que sa bouche pour éviter de s'étouffer, et à force de mettre beaucoup d'oeufs dans le même panier, on finit par tout casser. Faire le casting d'autant de catégories de personnes est certes d'une certaine originalité (minime il faut l'avouer) mais quand il manque ce petit quelque chose de magique, tout s'écroule, car ce n'est ni un documentaire ni un film, c'est une émission populaire, et le peuple a besoin de s'amuser. Les seuls vraiment intéressés sont peut-être ceux et celles qui se sont inscrits. Nous leur souhaitons bien du courage car il y a au bout une petite récompense.

Il faut le savoir, COUP D'ESSAI N'EST PAS FORCEMENT COUP DE MAITRE

Site de l'émission : http://vivastar.lookaty.com
Par Brice SSD
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Mercredi 21 mai 2008
La TVM, la chaîne de télévision nationale publique malgache, a pris, ces derniers temps, l'initiative louable de diffuser des longs-métrages locaux. Je conçois aisément que l'achat ou la négociation des droits de diffusion de ces films ne sont pas du tout une sinécure et je tire mon chapeau aux initiateurs du projet.

C'est ainsi que j'ai pu commencé à regarder ces "oeuvres", non pas pour le plaisir mais pour porter un regard critique sur ce domaine. Pour être sincère, Raymond Rajaonarivelo pourra encore longtemps dormir sur ses lauriers car les réalisateurs locaux sont incapables de produire des films exportables, ne serait-ce que dans l'Océan Indien.

Le plus grand problème de nos producteurs et nos réalisateurs locaux est la suffusance du public. Les cinéspectateurs se suffisent aux films de piètre qualité et n'exigent pas perfection qui leur est due. Le mot perfection dans l'art est bien évidemment subjectif et chacun est libre de son choix, mais en cinématographie comme en littérature, il y a des normes d'écriture, que les Malgaches ne maîtrisent pas du tout.

Je puis avancer ces dires dans la mesure où j'ai déjà étudié l'Histoire de l'Art et les techniques cinématographiques au cours de mon cursus universitaire (je suis actuellement en quatrième année de communication). Les trames scénaristiques sont décousues et les prises de vue sont catastrophiques. Ces problèmes sont surtout dus à un manque de formation technique et artistique. Il ne faut pas oublier que contrairement à la littérature, le cinéma nécessite la manipulation de grandes unités logistiques.

Vilipender sur les réalisations déjà effectuées serait pure perte de temps si l'on ne prends même pas compte d'admettre que la logique commerciale a pris le pas sur l'aspect artistique. Actuellement, si le public daignait exiger de meilleures réalisations en ne se ruant pas sur toutes les productions de faible niveau, la qualité évoluera de manière exponentielle.

D'un autre côté, il est toujours avancé que si l'on prenait la base des films au niveau des contes et légendes malgaches, la qualité évoluerait. Moi je dis que serait encore pire. Déjà que le fait d'adapter des scénarios déjà ficelés n'est pas une réussite, imaginez donc la situation s'il fallait encore adapter un conte en scénario : ce serait pure folie.

L'espoir semble pourtant renaître avec ces jeunes qui ont participé au Festival du Court Métrage, mais force est de constater que le succès acquis par ces personnes leur servent à ouvrir les portes des boîtes de production publicitaires, peu investies dans le cinéma.

A quand le renouveau du cinéma malgache, proposez des pistes pour au moins trouver des pistes de recherches universitaires dignes de ce nom, afin d'établir une base théoriques dans un but didactique.
Par Brice SSD
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés