Introspection

Mardi 3 novembre 2009
Je t'adore ! Je suis de ceux qui sont horripilés à l'idée même de dire ces mots à une personne, qu'importe de qui il s'agit. Ce mot présuppose un attachement profond et indéfectible envers l'individu à qui l'on s'adresse, ce qui est loin d'être mon cas. J'éprouve pourtant ce sentiment à l'égard de ma terre, de sa poussière et de ses racines. Je n'ai pas un nom malgache, mais qu'importe, mon appartenance à ces vallons et ces plaines est définitivement enracinée au plus profond de mon âme. Je ne suis pas de ceux qui le revendiquent urbi et orbi, mais il est des jours où je ressens l'envie de le dire tout haut.

Vivre dans ce pays est loin d'être une chose aisée, et on a sûrement les pires dirigeants qui soient. L'idée même d'être de la même nationalité que ces hurluberlus politiques me donne des urticaires, mais quoi qu'on en dise, je suis Malgache et je le resterai. Quelles en sont les raisons, je ne puis les définir avec certitude et de toute manière, je ne cherche pas à me définir. Mon R est d'ailleurs plus français que malgache, mon code vestimentaire s'apparente plus à la mode européenne et mon article se rédige dans la langue de Molière, ce qui ne m'empêche pas pour autant de ressentir une tenace fibre malgache.

Mon tilt est surtout venu d'une observation toute prosaïque que j'ai faite au cours de mes quelques voyages à l'extérieur du pays. Je n'ai jamais été en Australie, tenons-le pour dire, mais dans les contrées qui ont eu le malheur de m'accueillir, j'ai constaté qu'on ne soulevait jamais de poussière rouge avec nos chaussures lorsqu'on marche. J'ai même rarement vu des briques en terre rouge tel qu'on en voit partout sur les Hautes Terres malgaches. De là est venu mon insipide idée de lancer cette expression à l'encontre de la terre rouge malgache : "Je t'adore". Comme il est plaisant de savoir qu'on éprouve parfois des sentiments, et qu'on s'aperçoit que des contreparties, il y en a peu ou prou, si ce n'est de ne pas râler lorsqu'on est amené à parcourir d'immenses pistes à la limite du careossable exaltant des tonnes de poussière.
Par Brice SSD
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Dimanche 29 juin 2008
En parlant de mots et de paroles, vous êtes maître de ce que vous allez dire mais dès que vous parlez, vous serez esclave de vos paroles. Et je puis le dire car j'en fus victime.

Evidemment, alcool aidant, il est difficile d'avoir une totale maîtrise de soi mais quoi qu'il en soit, essayez tout de même d'avoir un regard sur ce que vous dites. Gérez vos productions verbales et communicationnelles, mais aussi sur les métacommunications car on ne peut pas ne pas communiquer il ne faut pas l'oublier.

Je me demande toujours jusqu'à maintenant comment a réagi la personne à qui j'ai dit des bêtises. Maître mot et parole esclavagiste, la communication est la manifestation de la vertu, ou au contraire, de la bêtise humaine.
Par Brice SSD
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Vendredi 27 juin 2008
Une personne qui m'est chère ne cesse de répéter que je suis une espèce à part, sans que je n'eusse vraiment su pourquoi d'ailleurs. Il est vrai que je pense différemment sur certains sujets mais personnellement, je ne suis ni un marginal ni un paria de la société. Ce que je n'aime pas par contre, c'est de me dire que je suis un être "normal". En se considérant comme étant uniquement suiveur d'une norme, je me sentirais un peu dépossédé de ma personnalité. Il faut juste se mettre une chose dans la tête : "Ma liberté s'arrête là où commence celle d'autrui". Je veux dire par là que vivre en société est une simple question de respect. Respectez les autres tout en restant vous-même, n'ayez pas peur de vous affirmer et tout ira bien dans le meilleur des mondes (comme le disait Pangloss).

Le tout est de ne rien imposer. Essayez de susciter plutôt que d'imposer, en plus d'être une attitude intellectuelle valorisante, vous ne blesserez jamais votre entourage. C'est peut-être pour cela d'ailleurs que je ne suis pas violent (n'oubliez pas, la violence est l'apanage des animaux et des bêtes).
Je suis différent et je l'assume pleinement. Je suis une espèce à part, Alea jacta est.
Par Brice SSD
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